L’image rêvée : des poussettes et des enfants. Le scénario catastrophe : des lacrymos et des projectiles. A la veille de la manifestation du 12 juin, les organisateurs redoutaient que des heurts viennent ternir leur «Marche pour les libertés et contre les idées d’extrême droite». Les inquiétudes se chuchotaient. Pas question de décourager les manifestants en transformant le risque en objet médiatique. Mais en coulisse, un groupe spécifique, coordonné par le député LFI Eric Coquerel, a travaillé sur le sujet. «On essaie d’avoir le cortège le plus ouvert possible, type marée humaine, pour que ça respire et que les gens soient tentés d’aller devant le carré de tête, explique l’insoumis quelques jours avant le jour J. Il faut donner le moins de prétextes possibles à la préfecture pour donner des images violentes de la manif.»
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Depuis quelques années, le climat est plus tendu dans les manifestations, et la gauche, longtemps reine dans la rue, est moins sereine. «Pour un élu ou un simple manifestant, c’est plus difficile de manifester», estime Fabien Roussel, le chef des communistes. Sur le banc des accusés : les responsables du maintien de l’ordre. «La stratégie a changé, affirme Sandra Regol, secrétaire nationale adjointe d’EE-LV. Depuis la crise des gilets jaunes, on emploie les mauvaises personnes au mauvais endroit, des agents de la BAC par exemple, dont ce n’est pas la formation.» L’écolo ouvre les archives de ses manifestations : «Je suis




