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Interview

#MeToo politique : «Il faut ajouter à la présomption d’innocence une présomption de crédibilité des plaignantes»

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Pour Laurence Rossignol, vice-présidente du Sénat, sénatrice PS de l’Oise et ex-ministre des Droits des femmes, parler d’«inquisition» ou de «tribunal médiatique» revient à protéger les «hommes puissants».

Paris, le 10 juillet 2020. Manifestation féministe contre les nominations au gouvernement de Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, accusé de viol, et Eric Dupond-Moretti, garde des Sceaux, ministre de la Justice, opposé au mouvement MeToo. (Rebecca TOPAKIAN/Photo Rebecca Topakian pour Lib�)
Publié le 11/12/2021 à 6h43

La vice-présidente du Sénat et sénatrice socialiste de l’Oise Laurence Rossignol, également signataire de la tribune #MeToo aux candidats et candidates à la présidentielle considère que les partis ont le devoir se saisir des affaires de violences sexuelles mettant en cause leurs membres. Quitte à refuser des investitures aux prochaines élections législatives.

Après la diffusion, dans Envoyé spécial, de témoignages accusant Nicolas Hulot de viol ou d’agressions sexuelles, Emmanuel Macron a mis en garde contre le risque de verser dans une «société de l’inquisition». Qu’est-ce que cela vous inspire ?

C’est l’exemple type de l’injonction contradictoire. Renvoyer à la «société de la délation» ou «de l’inquisition» évoque, dans l’imaginaire, la France de 1942 ou Torquemada ! Pour les femmes, c’est tout sauf encourageant. Cette déclaration vise en fait à protéger les hommes puissants, puisque seuls ces derniers sont susceptibles d’être dénoncés publiquement.

La prise en compte de la parole des victimes et le principe de la présomption d’innocence qui doit bénéficier à l’accusé semblent contradictoires. Comment les concilier ?

La présomption d’innocence est un principe judiciaire. On ne doit pas confondre ce principe avec le pouvoir d’enquête

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