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Réplique

Mis en cause, Pierre Moscovici accuse de «mensonges» des magistrats de la Cour des comptes

Le président de la haute juridiction a tancé «une poignée de magistrats» qui avaient critiqué sa gouvernance par voie de presse durant l’été. Il se défend de tout parti pris politique dans sa gestion.

Le premier président de la Cour des comptes française, Pierre Moscovici, lors de l'audience solennelle de rentrée de la Cour, le 4 septembre 2025. (Thibaud Moritz/AFP)
Publié le 04/09/2025 à 18h07

Pierre Moscovici contre-attaque. «Je n’ai jamais, en cinq ans, tenu compte d’affiliations politiques passées», martèle-t-il lors de l’audience solennelle de rentrée de la Cour des comptes, non content des accusations de la part de certains de ses magistrats qui ont fusé dans la presse en juillet. Ceux-ci dénonçaient des «décisions arbitraires et discrétionnaires» et une gouvernance «très politique» de la Cour.

«J’ai toujours privilégié les compétences, l’engagement, les capacités managériales», s’est défendu le premier président de la Cour des comptes, voyant dans les «mensonges» de ces magistrats «une faute» et «une irresponsabilité majeure».

Début juillet, Le Monde avait publié le témoignage de certains de ces magistrats, selon qui il régnait «un sentiment d’injustice et de maltraitance à la Cour». Ces tensions étaient liées à la question du maintien en activité des magistrats âgés de 67 ans ou 68 ans souhaitant reporter leur départ à la retraite, d’après le quotidien. Certaines de ces demandes ont été partiellement ou totalement rejetées, alors qu’elles étaient «quasi systématiquement acceptées jusqu’en 2023».

«Temple du wokisme»

Pierre Moscovici avait également répondu en juillet à des critiques sur la nomination de Najat Vallaud-Belkacem, ex-ministre socialiste de l’Education nationale, en tant que conseiller maître de la Cour. Le premier président de l’institution assure que sa procédure de recrutement a été «parfaitement objective».

«Ces magistrats, je le sais, sont ultra-minoritaires mais ils s’arrogent le droit de parler au nom des autres. C’est peu dire qu’ils nous dépeignent d’une façon un peu étrange», s’est-il offusqué. Avant de citer les présumés mensonges : «notre institution serait déformée dans sa composition par une charte de la diversité qui privilégierait certains profils […] La Cour serait devenue, sans le savoir, un temple du wokisme et de la discrimination positive». Dernière affirmation qualifiée d’ineptie par l’ancien ministre de l’Economie : l’idée selon laquelle la Cour serait «une maison où l’avancement des magistrats se ferait désormais en fonction de leur engagement politique».

Pierre Moscovici a défendu son «indépendance» et son «impartialité» comme Premier président de la Cour des comptes, où il a été nommé en 2020, et où son mandat s’achève en septembre 2026.

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