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Le billet de Jonathan Bouchet-Petersen

Mort de Thomas, drame de Gaza : la perverse sommation à choisir son camp

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Etre «pour» ou «contre» est une tentation qui peut être rassurante face à des faits tragiques, mais cette binarité nous tire surtout vers le bas, quand elle ne sert pas la cause des plus cyniques qui jouent sur les divisions pour en tirer profit.

Prés de 6000 personnes se sont rassemblés à Romans-sur-Isère (Drôme), le dimanche 22 novembre, après la mort de Thomas à Crépol. (Alexandre Bagdassarian/Hans Lucas. Libération)
Publié le 28/11/2023 à 9h23

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Pour ou contre. Dans un camp ou dans un autre. Cette binarité face à de tragiques faits d’actualité est à la fois déprimante et néfaste, elle nous tire tous vers le bas. Elle est un obstacle à la paix sociale à laquelle le plus grand nombre aspire et ceux qui soufflent cyniquement sur les braises ne l’ignorent pas. Leur pari pervers est celui de la division, de la fracture et au fond d’un affrontement dont ils espèrent tirer profit à titre personnel. Certains sujets sont bien sûr légitimement des objets de clivage et donc de désaccord, mais plus les circonstances sont tragiques plus l’exigence collective devrait être celle d’un sursaut. Par dignité, par humanité et au fond tout simplement par lucidité. Il y a hélas peu de voix pour le dire et faire vivre cette réalité dans un champ politique où les paroles les moins responsables sont trop souvent les plus relayées.

Dans le drame de Crépol, on peut et on doit dénoncer le meurtre du jeune Thomas, tout en ayant la prudence d’attendre les conclusions de l’enquête. L’immense majorité des Français a été saisie par l’émotion au moment d’apprendre la mort de ce garçon qui ne connaîtra p

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