«On a déjà gagné, avant même de manifester ! Aujourd’hui vous avez votre carte d’identité, demain vous aurez votre carte électorale.» Sue-Ellen Demestre, la directrice du collectif des femmes des gens du voyage Da So Vas, a le sourire aux lèvres, devant la mairie de Lille, ce mercredi 4 février après-midi. Les pancartes hérissent la petite foule, toutes écrites avec les couleurs du drapeau tricolore. L’une dit : «Je manifeste pour mon droit de vote.» Une autre : «Etre gitan n’enlève aucun droit.»
La mobilisation est née en urgence, avant que les inscriptions sur les listes électorales ne soient closes, vendredi 6 février pour les démarches en mairie. Dans la métropole lilloise, les gens du voyage, sédentarisés sur des aires d’accueil, ont eu le plus grand mal à faire valoir leurs droits civiques. «Pourtant, nous sommes français et nous payons des impôts», pose Sue-Ellen Demestre. Elle participe, en partenariat avec le collectif de jeunesse romani et voyageur ZOR, à une campagne nationale de mobilisation contre l’abstention chez les gen




