Election directe du conseil municipal à Paris, Lyon et Marseille, parité des listes, fin du «panachage» dans les petites communes : les élections municipales des 15 et 22 mars 2026 verront l’entrée en vigueur de plusieurs réformes importantes. Le point sur ces nouveautés.
Comment vote-t-on à ces élections ?
Aux municipales de 2026, le vote s’effectuera selon un scrutin de liste à deux tours, sans panachage - la possibilité de rayer le nom de certains candidats et de les remplacer par d’autres. Les électeurs choisissent une liste complète, obligatoirement paritaire entre hommes et femmes. Si aucune n’obtient la majorité absolue des suffrages exprimés et au moins 25 % des inscrits au premier tour, un second tour est organisé.
Seules les listes ayant réuni au moins 10 % des voix des votants peuvent s’y maintenir. Celles ayant obtenu entre 5 % et 10 % peuvent fusionner avec une liste qualifiée, les autres sont éliminées. Au second tour, la liste arrivée en tête décroche une prime majoritaire de 50 % des sièges, sauf pour les villes de Paris, Lyon et Marseille, où la prime majoritaire est de 25 %. Le reste est réparti à la proportionnelle, ce qui assure au futur maire, qui est élu ensuite par le conseil municipal, une majorité plus stable.
Fin du panachage pour les communes de moins de 1 000 habitants
La France compte près de 25 000 villages de moins de 1 000 habitants, soit un peu moins de trois communes sur quatre. Jusqu’en 2020, un mode de scrutin spécifique s’appliquait dans ces petites communes. L’électeur pouvait panacher son vote, c’est-à-dire rayer ou remplacer des noms sur le bulletin d’une liste. Les scores étaient calculés pour chaque candidat, qui pouvait être élu en un ou deux tours. Par ailleurs, le nombre de candidats d’une liste pouvait être inférieur au nombre de sièges à pourvoir. En mars, les électeurs de ces communes devront désormais, comme dans les grandes villes, choisir une liste complète, non modifiable (s’il l’annote, le bulletin sera considéré comme nul).
Cette réforme a fait craindre des difficultés pour des communes parfois confrontées au manque de candidats. Les législateurs ont cependant prévu plusieurs adaptations. Dans les communes de moins de 1000 habitants, les listes pourront comporter jusqu’à deux candidats de moins que l’effectif légal du conseil municipal. Et, après l’élection, les conseils municipaux sont réputés complets même si deux sièges restent vacants par rapport à l’effectif standard, qui est de 7 élus pour les communes de moins de 100 habitants, 11 élus de 100 à 499 habitants, et 15 élus de 500 à 999 habitants.
Une obligation de parité
Aujourd’hui, les communes de moins de 1000 habitants représentent 70 % des communes françaises et 13 % de la population y vit. Mais les femmes ne représentent que 37,6 % de leurs conseillers municipaux, contre 48,5 % dans les communes de plus de 1 000 habitants, d’après le ministère de l’Intérieur. Portée par l’ancienne députée Modem Elodie Jacquier-Laforge et adoptée le 7 avril, la loi sur «la parité dans les fonctions électives et exécutives du bloc communal» impose la parité dans les petites communes. Concrètement, sur chaque liste, un candidat sur deux devra être une femme.
Si elle a satisfait les défenseurs de l’égalité homme-femme, cette réforme a elle aussi inquiété certains représentants des petites communes, qui craignent de ne pas trouver suffisamment de candidates pour boucler les listes. Et pour cause, plus de 320 communes ne comptent encore aucune femme élue d’après le réseau Elues locales. A noter : la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française ne sont pas concernées par cette obligation de parité, ni par la fin du panachage pour le scrutin de 2026. Elles le seront pour celui de 2032.
Paris, Lyon, Marseille : qu’est-ce qui change ?
Jusqu’à présent, à Paris, Lyon et Marseille, on ne votait pas pour le conseil municipal mais seulement pour les conseils d’arrondissements, ou de «secteurs» regroupant plusieurs arrondissements. Les élus figurant en haut des listes victorieuses siégeaient à la fois au conseil de l’arrondissement et au conseil municipal, au sein duquel ils élisaient le maire de la ville. La loi dite «PLM», promulguée en août, a modifié le mode de scrutin afin de la rapprocher du droit commun. En conséquence, les électeurs de ces villes auront deux urnes devant eux les 15 et 22 mars : une pour le conseil municipal et une autre pour l’arrondissement ou le secteur. A Lyon, il y en aura même une troisième pour désigner son conseiller métropolitain.
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Contrairement aux autres villes, la liste n’obtiendra automatiquement qu’un quart des sièges, les trois quarts restants seront répartis à la proportionnelle. Les maires d’arrondissement pourront assister au conseil municipal et une instance de coordination entre le maire central et les maires d’arrondissement est prévue.




