Elle ne sera pas ministre et candidate. Enfin, elle cessera bientôt de l’être. Rachida Dati, ministre de la Culture qui mène déjà campagne pour la succession d’Anne Hidalgo à la mairie de Paris, est sortie de l’inhabituel silence médiatique auquel elle s’astreint depuis des semaines pour palper le terrain parisien. La championne de la droite pour la capitale a assuré, dimanche 18 janvier sur France Inter, qu’elle ne cumulerait pas éternellement cette activité avec sa fonction ministérielle.
«Jusqu’à un temps récent, il n’était pas incompatible qu’un ministre fasse campagne, je l’ai déjà fait en tant que garde des Sceaux», a-t-elle commencé par répondre, alors qu’elle était l’invitée de l’émission Questions politiques. Avant d’assurer, alors qu’elle occupe déjà la mairie du VIIe arrondissement : «Je respecte les règles déontologiques, bien sûr que je quitterai le gouvernement.» Cela tombe bien : comme le rapportait Chez Pol dans sa newsletter vendredi, Sébastien Lecornu a l’intention de finaliser ses directives «dans les jours à venir».
L’arrivée d’une règle édictée depuis Matignon paraît utile, puisque Rachida Dati n’a pas précisé la date de son départ, invoquant notamment les dossiers en cours du gouvernement : «On a une petite actualité budgétaire, certains acteurs culturels voudraient que je défende leurs sujets jusqu’au bout.» Les conséquences du braquage du Louvre, en octobre, ont également été évoquées, alors que l’enquête suit son cours et que les salariés de l’institution poursuivent leur grève pour protester contre l’organisation et les conditions de travail au sein du musée. A ce sujet, Rachida Dati a affirmé que des «décisions conséquentes» allaient être prises «incessamment», évoquant la direction de l’établissement. «Là, j’ai revu l’organisation, la gouvernance», a répondu la ministre, qui a en effet nommé Philippe Jost à la tête d’une mission de réorganisation du musée. Maintenant, «on va revoir…, effectivement [il] y aura un sujet de personne», a-t-elle lancé. Tout en ajoutant que l’enjeu «dépass[ait] les personnes. C’est un sujet d’enjeu muséal, […] on parle du plus grand musée du monde» L’AFP a bien tenté d’en savoir plus, mais dimanche le ministère de la Culture n’a pas tenu à préciser les propos de la ministre.
Interrogée pour savoir si elle avait communiqué sa décision de quitter le ministère à Emmanuel Macron, Dati a botté en touche, façon de dire que personne ne lui dicterait sa conduite : «Je suis engagée en politique depuis longtemps, je sais ce que j’ai à faire.» Auprès de Chez Pol, un proche confiait d’ailleurs : «Elle est plutôt dans l’idée d’aller au bout.»




