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Municipales : le RN débranche sa tête de liste à Belfort après un tweet sur la consonance étrangère de prénoms

Le jeune candidat de 23 ans, rattrapé par ses publications passées sur les réseaux sociaux, a été mis hors course, alors que le RN se veut irréprochable dans le choix de ses candidats.

Affiche de campagne de Quentin Macullo, candidat aux municipales à Belfort. (DR)
Publié aujourd'hui à 22h07

Il faisait partie de ces «brebis galeuses» du RN, qui avaient coûté cher au parti d’extrême droite aux législatives de 2024. Des candidats grossièrement xénophobes et racistes qui n’ont par ailleurs pas entièrement été radiés des listes à l’aube des municipales, comme le recense régulièrement Libé. Ce lundi, le Rassemblement national a retiré l’investiture à son candidat aux municipales à Belfort, Quentin Macullo, a indiqué le parti à l’AFP, confirmant une information de la radio locale ICI Belfort Montbéliard.

Désigné en octobre, le jeune candidat de 23 ans a été rattrapé par ses publications passées sur les réseaux sociaux. En particulier un tweet datant de 2022, déterré par Mediapart, dans lequel il dénombrait «72 % de prénoms à consonances étrangères au dernier recensement des naissances à Belfort», soit 18 des 25 nouveau-nés mentionnés au bulletin municipal du mois de juin de cette année. «Je n’ai même pas comptabilisé Elie et Samuel d’origine hébraïque», avait-il insisté.

Devenu responsable du mouvement de jeunesse RNJ et numéro 2 du parti à la flamme dans son département, Quentin Macullo était également assistant parlementaire du député RN Guillaume Bigot depuis l’été 2024.

Un message «pas raciste en soi» pour Jean-Philippe Tanguy

Malgré la polémique, sa candidature était encore défendue fin janvier par un cadre du mouvement comme Jean-Philippe Tanguy qui jugeait ces messages «pas racistes ou antisémites en soi» et qu’après audition de l’intéressé «il s’est avéré que c’était pas le cas». Interrogé en début d’année sur plusieurs cas dont celui-ci, le président du RN Jordan Bardella avait, lui, affirmé que son parti «retirera[it] l’investiture» s’il avait connaissance d’éléments «pas découverts par le passé».

Depuis, le parti a notamment dû sévir à Condat-sur-Vienne, contre un candidat attribuant le massacre d’Oradour-sur-Glane (en 1944) à des «Ukrainiens nazifiés». Même chose à Carpentras, contre l’ex-tête de liste dont plusieurs tweets sexistes et racistes remontant à 2017 ont été exhumés par Libération.

Echaudé par les «brebis galeuses», le RN se voulait pourtant irréprochable dans le choix de ses candidats. Pointant une minorité de «personnalités qui tentent de se greffer», Bardella a encore martelé samedi que «[sa] main n’a jamais tremblé et ne tremblera pas» pour exclure ceux qui ont «une attitude, des propos ou des positions politiques contraires à la ligne du parti». La main a encore du travail, donc.

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