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Municipales : les écolos attendent un renvoi d’ascenseur du PS

Si les deux partis ont déjà scellé leur alliance dans plusieurs grandes villes, les tractations traînent encore ailleurs.

Marine Tondelier à Trappes (Yvelines), le 15 novembre. (Cha Gonzalez/Libération)
Publié le 05/12/2025 à 10h47

Les municipales approchent et Les Ecologistes commencent à perdre patience. Si à Marseille, Nantes, Lyon, Rennes ou Grenoble, les verts et les socialistes sont déjà parvenues à s’unir en vue du scrutin de mars, les discussions avec le PS traînent un peu trop au goût du parti de Marine Tondelier dans de nombreuses villes. «On soutient les maires sortants socialistes dans 100 % des villes où nous sommes dans la majorité. Pour l’heure, la réciproque n’est pas vrai. On a fait le job, maintenant c’est leur tour», s’agace-t-on chez les écolos. Les socialistes sont, eux, d’un tout autre avis. Un membre de la direction rose : «On a une règle qui est : on essaye de soutenir les maires sortants, mais elle n’est pas respectée par tout le monde.» Une allusion aux cas lillois et montpelliérains. Dans les deux métropoles, Les Ecologistes ont décidé de s’opposer à Arnaud Deslandes et à Michaël Delafosse mais rappellent qu’ils ont passé le mandat dans l’opposition de ces derniers. Un cas de figure bien différent selon eux.

Si dans ces deux villes (comme à Strasbourg, géré depuis 2020 par l’écologiste Jeanne Barseghian) il est quasiment acté que les deux partis, qui plaident ensemble pour une primaire de la gauche en 2027, partiront chacun de leur côté, les négociations sont encore en cours dans de nombreux endroits. Ainsi, les écolos tentent de convaincre les socialistes de se ranger derrière eux à Lorient et Metz. «Ce sont deux villes qu’on peut prendre à la droite», souffle un vert. «C’est en discussion», répond-on au PS en se disant «ouvert» à de tels scénarios. Les Ecologistes attendent aussi des ralliements du PS à Bordeaux et à Tours où ils sont sortants. «Il faut qu’Hurmic nous traite un peu plus», réclame le cadre socialiste cité plus haut, sous-entendant qu’un accord pourrait bientôt être trouvé. Pour la préfecture d’Indre-et-Loire en revanche, notre rose résume les choses ainsi : «On a un maire qui ne nous traite pas comme on devrait être traité et un sondage qui nous donne haut.»

De leur côté, les socialistes attendent, eux aussi, le soutien des verts par-ci, par-là. A Brest par exemple. Mais évidemment à Paris où l’accord présenté comme imminent depuis plusieurs semaines n’est toujours pas là. «Ce qui embête David Belliard [le candidat écolo dans la capitale, ndlr], c’est qu’il n’y a pas d’atterrissage pour lui. Il ne veut pas être maire du XIe arrondissement, il ne peut pas être premier adjoint [poste plutôt réservé à une femme si le maire est Emmanuel Grégoire] et on ne peut pas lui laisser la circonscription qu’Emmanuel lâcherait s’il gagnait», pose un membre du PS. Le deal, qui finira par arriver, croit-on chez les roses, sera d’autant plus bienvenu qu’il permettra de débloquer d’autres situations. Comme à Besançon où les socialistes pourraient convaincre leur candidat de se retirer au profit de la maire sortante, Anne Vignot. Une sorte d’échange de bons procédés.

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