Menu
Libération
Lutte

«Plan douane massif», urgence dans les Antilles et campagne de sensibilisation : les annonces après la troisième réunion à l’Elysée sur le narcotrafic

Pour la troisième fois depuis l’assassinat en novembre de Mehdi Kessaci à Marseille, Emmanuel Macron a convoqué jeudi 29 janvier plusieurs de ses ministres. Un plan gouvernemental de renfort des douanes doit être présenté au président d’ici un mois.

Emmanuel Macron, mercredi 28 janvier 2026 à l'Elysée. (Ludovic Marin/AFP)
Publié le 29/01/2026 à 8h29, mis à jour le 30/01/2026 à 9h04

«Muscler» la lutte. Telle est la demande d’Emmanuel Macron à ses quatre ministres glissée jeudi 29 janvier après-midi lors d’une nouvelle rencontre consacrée au narcotrafic, enjeu majeur à quelques semaines des municipales. Aux côtés du chef de l’Etat, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, et celui des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, ont ensemble évoqué à l’Elysée les contours des nouvelles mesures qui seront bientôt mises en œuvre.

Parmi les points dévoilés jeudi dans la soirée, un «plan douanes massif» dans les ports et aéroports. Les autorités ont ainsi constaté que les opérations menées contre les mules, ces personnes chargées d’acheminer la drogue, particulièrement sur les avions au départ de Guyane, avaient eu un vrai succès. Mais elles ne sont pas sans conséquences : le trafic se déporte via d’autres plateformes aéroportuaires ou dans les bagages et le fret des avions. Il s’agit donc notamment d’investir dans des scanners de «façon massive» afin que les contrôles ne se concentrent pas uniquement sur les passagers.

Emmanuel Macron a aussi demandé des «opérations coup de poing» dès «les prochains jours» dans plusieurs aéroports, y compris en métropole, a ajouté l’Elysée.

Un mois pour présenter à la présidence un plan pour les Antilles

Emmanuel Macron a par ailleurs estimé que «la mobilisation devait être totale et beaucoup plus massive» dans les Antilles, où il se rendra «dans les prochains mois» pour faire le point sur la situation du narcotrafic.

A l’instar de ce qui est fait à Marseille, il a demandé des «moyens humains, techniques et interministériels qui soient à la hauteur» du nombre élevé des «narchomicides» de l’année 2025, notamment à Fort-de-France en Martinique. Emmanuel Macron a dit attendre «sous un mois» des «propositions», avec notamment un «plan d’urgence sur les quatre îles de la zone avec une coopération régionale intensifiée immédiatement» avec les partenaires d’Amérique du Nord et du Sud, selon la même source.

Une «campagne de sensibilisation» dans les cartons

Enfin, le chef de l’Etat a réclamé une «campagne de sensibilisation» sur «les ravages de la consommation» d’ici la fin du premier trimestre, a dit son entourage. En décembre, il avait par ailleurs annoncé le doublement de l’amende forfaitaire pour la consommation de stupéfiants.

D’autres mesures sur le sujet sont attendues dans le prochain projet de loi sur la sécurité du quotidien. Il faut «rediaboliser» les drogues dites «récréatives», a-t-on fait valoir à l’Elysée.

S’agissant des mesures actées fin 2025, en matière de coopération avec des pays étrangers, le président a dit vouloir des «résultats» avec des «auteurs d’assassinats» impliqués dans les cartels de drogue «qui puissent être localisés et neutralisés judiciairement pour qu’ils puissent arrêter de donner leurs ordres de trafic, voire d’assassinats commandités depuis l’étranger sur le territoire national».

Pour alléger la charge de juridictions nationales «embolisées» par les dossiers liés au narcotrafic, des dispositions ont été identifiées et seront intégrées au prochain projet de loi du ministre de la Justice Gérald Darmanin.

Depuis l’application de la loi contre le narcotrafic en juin, le gouvernement multiplie les annonces et les mesures pour la mettre en application. Mi-décembre, Emmanuel Macron avait réaffirmé à Marseille sa volonté de mener une «guerre aux réseaux qui tuent des jeunes innocents». Il s’est ensuite rendu aux Emirats arabes unis pour passer Noël avec les troupes, où d’importants narcotrafiquants ont trouvé refuge, selon la justice française.

Dans la même rubrique