Menu
Libération
Trafic de stupéfiants

Narcotrafic : Sébastien Lecornu favorable à un débat à l’Assemblée

A la demande des députés socialistes, un débat autour de la géographie et de la nature du trafic de stupéfiants va se tenir dans l’hémicycle. Le chef du gouvernement a de son côté promis d’adapter la réponse de l’Etat face à «un adversaire en train de muter».

Sébastien Lecornu lors du 107e Congrès des maires de France, à Paris, le 20 novembre 2025. (Albert Facelly/Libération)
Publié le 20/11/2025 à 17h38

Un débat pour mieux adapter le combat. Après l’assassinat en plein jour de Mehdi Kessaci survenu la semaine dernière à Marseille, les députés vont se réunir dans l’hémicycle à une date encore inconnue. L’objet des débats parlementaires : l’hydre du narcotrafic et la menace qu’il fait peser sur le pays. Ce jeudi 20 novembre, le Premier ministre Sébastien Lecornu a accédé à la demande formulée par le groupe socialiste d’organiser un débat extraordinaire sur la question à l’Assemblée nationale.

«L’effroyable assassinat de Mehdi Kessaci à Marseille est de l’avis de tous un point de bascule. Il est un rappel à l’ordre pour nous toutes et tous face à la menace inédite du narcotrafic», a écrit ce jeudi le chef des députés socialistes, Boris Vallaud, dans un courrier adressé au Premier ministre lui demandant d’instaurer ce débat. «Cette menace commande une mobilisation nationale sans faille et de se tenir résolument aux côtés de celles et de ceux qui, engagés au péril de leur vie contre la criminalité organisée, ont décidé en dépit de tout de ne pas se taire. Plus vaste sera la mobilisation contre le narcotrafic, plus leurs vies seront protégées», poursuit le socialiste dans sa missive.

«Dans ce contexte grave», le groupe de 69 députés demande un débat sur «l’état, la géographie et la nature du narcotrafic», mais également sur «la mise en œuvre» de la loi contre le narcotrafic votée mi-juin, et «les moyens déployés à cette fin», précise le texte.

«Un combat qui va durer»

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a estimé en début de semaine que la mort de Mehdi Kessaci constituait «un point de bascule effrayant qui doit faire prendre conscience du danger de cette mafia du narcobanditisme à l’ensemble de la société française».

Devant le Congrès des maires de France réunis à Paris ce jeudi, le Premier ministre a abondé. Il a ainsi rappelé que la lutte contre le trafic de stupéfiants est «un combat qui va durer, sur lequel il va falloir s’adapter, adapter les moyens de l’État à la réponse locale face à un adversaire qui lui, est en train de muter».

Selon l’article 50-1 de la Constitution, le gouvernement «peut, de sa propre initiative ou à la demande d’un groupe parlementaire […] faire, sur un sujet déterminé, une déclaration qui donne lieu à débat et peut, s’il le décide, faire l’objet d’un vote sans engager sa responsabilité».

Dans la même rubrique