Le président du parti Les Républicains (LR) lâche une nouvelle fois ses coups contre le Premier ministre, Sébastien Lecornu, le gouvernement qu’il accuse de «cynisme» et le budget dont la partie «recettes» a été rejetée dans la nuit de vendredi à samedi. «Ce budget, c’est le hold-up du siècle», affirme-t-il dans une interview au journal Le Parisien à paraître ce dimanche.
L’ancien ministre de l’Intérieur accuse le gouvernement de «démagogie sans nom», affirmant que Sébastien Lecornu «s’était engagé auprès de [lui] à ne pas toucher à cette réforme [la réforme Borne des retraites, ndlr] lors des négociations sur le fameux contrat de gouvernement.»
«Aplaventrisme»
«Cette suspension, c’est du pur cynisme : le gouvernement hypothèque notre avenir collectif pour se maintenir quelques semaines, quelques mois de plus. Tout cela est lamentable», déclare-t-il, reprochant à Sébastien Lecornu la méthode qu’il a choisie : «En renonçant au 49.3, Sébastien Lecornu s’est lié les mains, puis les a tendues aux socialistes en leur offrant la suspension de la réforme des retraites et une montagne d’augmentation d’impôts. Evidemment, on habille tout cela avec des grands mots : on se cache derrière le parlementarisme pour dissimuler un “aplaventrisme”», dit-il en forgeant un étonnant néologisme.
«Ce budget, c’est le hold-up du siècle», tacle-t-il en filant la métaphore : «c’est à la fois un hold-up fiscal, un hold-up social et un hold-up démocratique». En l’absence de majorité parlementaire, le gouvernement est engagé depuis des semaines à des discussions avec la gauche, notamment le parti socialiste, afin de tenter de doter la France d’un budget pour 2026.
«Le PS a mis la main sur le gouvernement alors que la France n’a jamais été aussi à droite. Son Premier secrétaire, c’est le Premier ministre. Olivier Faure décide. Sébastien Lecornu, lui, s’exécute», pilonne-t-il. Voilà, dans sa bouche, l’hôte actuel de Matignon rabaissé au rang de simple exécutant du PS.
«Parti fiscaliste»
Concernant le budget, le patron de LR estime qu’«il y a bien une majorité à l’Assemblée nationale. C’est celle du parti fiscaliste, qui va de LFI jusqu’au Rassemblement national. Les députés de Marine Le Pen ont voté 34 milliards de hausses d’impôts en 24 heures», assure-t-il. Et de dénoncer les «folies fiscales» des députés, sur lesquelles il assure que son parti reviendra au Sénat.
«Le budget, tel qu’il a évolué, va conduire à un déficit sans doute supérieur à 5 %, peut-être à 5,3 % […] Le Sénat a une position raisonnable : moins d’impôts et plus d’économies. Nous voulons revenir bien en dessous de 5 %, à 4,7 % du PIB, tout en supprimant la taxe sur les tickets-restaurant ou la taxe plastique», déclare-t-il.
Et de dérouler, face à ce budget «qui précipite la France dans le chaos», les mesures d’économies qu’il préconise : non-remplacement de tous les fonctionnaires qui vont partir à la retraite, suppression de l’aide médicale d’Etat (AME) pour la remplacer par une «aide médicale d’urgence», baisse des crédits pour les agences de l’Etat…




