Quand Brutus dit à Juda qu’il faut arrêter de trahir. Le chef du parti - macroniste ? - Renaissance, Gabriel Attal, a vertement répondu ce jeudi 4 décembre à Édouard Philippe, qui a évoqué mardi la possibilité que son groupe Horizons vote contre ou s’abstienne sur le budget de la Sécurité sociale. Ce qui pourrait précipiter le rejet du texte, et ouvrir à nouveau une crise majeure.
«Il faut tout faire pour avoir un budget d’ici la fin de l’année […] et ce dont on a besoin aussi, c’est de sang-froid et de nerfs solides dans ce contexte où les Français ne comprennent plus les décisions politiques», a lancé Gabriel Attal, 36 ans, à destination de son prédécesseur à Matignon, âgé lui de 55 ans. «Dans la période où l’air de la vie politique est devenu totalement irrespirable […], on a besoin de points de repères», a estimé Attal au micro de RTL.
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Édouard Philippe «est une voix qui compte et je n’ai pas de raison de remettre en cause la sincérité de sa démarche ou de ses propos», a ajouté le patron de Renaissance. Mais selon lui, «il ne peut pas y avoir de budget parfait pour qui que ce soit, il faut accepter des concessions».
Le groupe LR hésitant également à voter contre ou s’abstenir, ce choix d’Horizons fait peser de sérieuse menace sur l’adoption du texte qui nécessiterait alors le vote pour du PS et l’abstention des écologistes, deux conditions loin d’être acquises. «Laisse le débat parlementaire se faire !», a enjoint de son côté la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet sur TF1 à destination du maire du Havre, demandant «à chacun de laisser les députés travailler» avant d’annoncer son vote.
«Distribuer les bons et les mauvais points»
Tout en parlant de l’urgence du budget, Gabriel Attal a bien pris soin au passage ce jeudi matin de souligner être «retourné à l’Assemblée nationale» après avoir été Premier ministre, alors que le chef d’Horizons a choisi de reprendre sa mairie du Havre et de se tenir à distance des débats politiques pour préparer la présidentielle. «J’aurais pu me dire ‘‘je ne retourne pas à l’Assemblée nationale, je reste en dehors, je viens à votre micro de temps en temps pour distribuer les bons et les mauvais points et puis j’en reste là’’», a-t-il persiflé. Le plus jeune locataire de Matignon s’est dit soucieux d’offrir «demain une rupture et un espoir» qui «interviendra en 2027».
Édouard Philippe, candidat déclaré à la présidentielle, domine pour l’instant les sondages dans le camp macroniste, malgré une baisse récente, tout en restant largement derrière le Rassemblement national au premier tour.




