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Soupçons

PACA : un député du RN visé par une enquête pour détournement de biens publics

La justice a ouvert une enquête contre le député Rassemblement national de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Franck Allisio, après un signalement émis par le conseil régional. Il est soupçonné de détournement de biens publics, selon des révélations de «Marsactu».
Le député RN Franck Allisio à Marseille, le 5 avril. (Patrick Gherdoussi/Libération)
publié le 7 mai 2025 à 17h10

La carte de fidélité du RN auprès de la justice continue de se remplir. Selon le site d’information Marsactu, le parquet de Marseille a décidé d’ouvrir une enquête sur des soupçons de «détournement de biens publics» contre le député RN Franck Allisio, également président du groupe RN au conseil régional.

L’affaire fait suite à plusieurs révélations de Marsactu, à commencer par des manquements dans la déclaration d’intérêts et d’activités déposée par Franck Allisio après sa première élection comme député, en 2022. L’ancien membre des Républicains avait omis de déclarer, auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), que deux de ses collaborateurs parlementaires étaient également employés par la région. «Une erreur administrative», selon le parlementaire, qui affirme avoir demandé une rectification.

Marsactu avance également que, jusqu’à 2023, les collaborateurs régionaux de l’élu l’ont aussi assisté dans ses fonctions de député, par exemple pour envoyer du courrier ou organiser une cérémonie de vœux. Une situation qui aurait également été régularisée depuis les faits.

En outre, deux véhicules mis à disposition de Franck Allisio auraient été utilisés dans d’autres cadres que celui de ses fonctions locales. Marsactu a repéré ces véhicules lors de différents événements politiques organisés par le RN, notamment lors de la campagne des élections européennes de 2024. Franck Allisio s’est défendu, clamant que les déplacements étaient «dans le cadre de sa mission de président de groupe au conseil régional».

Le 22 novembre, à la sortie de l’article de Marsactu, la région PACA avait alors décidé de lancer une enquête pour «s’assurer de la bonne utilisation des moyens mis à disposition du groupe Rassemblement national». Le président (Renaissance) de la région, Renaud Muselier, avait promis «un article 40 si quelque chose d’illégal a été commis. Il y a des règles et il faut les respecter.» Cet article du code de procédure pénale impose à toute autorité de dénoncer à la justice des délits dont elle aurait connaissance. C’est un tel signalement qui a donné lieu à l’enquête ouverte par le parquet contre le député RN.