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Bye Bayrou

Pas de suppression de deux jours fériés, pas de nouveau conclave sur les retraites… Lecornu fait ses premières annonces

Dans un entretien à la presse régionale ce samedi 13 septembre, le successeur de François Bayrou donne le ton sur les chantiers qu’il compte mener à Matignon.

Sébastien Lecornu à Mâcon, en Saône-et-Loire, ce samedi 13 septembre 2025. (Jeff Pachoud/AFP)
Publié le 13/09/2025 à 18h16, mis à jour le 13/09/2025 à 19h03

Sébastien Lecornu a annoncé ce samedi 13 septembre dans la presse quotidienne régionale qu’il allait revenir sur la suppression de deux jours fériés prévue par son prédécesseur, François Bayrou, pour réduire le déficit budgétaire. Il a également fait savoir qu’il écartait un nouveau conclave sur les retraites.

Dans cet entretien publié par plusieurs journaux dont Ouest-France, le Télégramme, plusieurs titres du nord de la France dont la Voix du Nord, les journaux du groupe La Montagne, ainsi que Sud-Ouest, les journaux de l’est de la France du groupe Ebra, Midi-Libre, la Dépêche, Nice-Matin et France-Antilles, Sébastien Lecornu a dit renoncer à la suppression des jours fériés et préférer tabler sur le «dialogue avec les partenaires sociaux» pour trouver «d’autres sources de financement».

Le Premier ministre macroniste de 39 ans a par ailleurs affirmé qu’il entendait mener une «discussion parlementaire moderne et franche, de très bon niveau» avec les socialistes, les Ecologistes et le Parti communiste pour sortir de l’impasse budgétaire.

Un accord avec le RN ? «Evidemment non»

«Cette gauche républicaine dont on connaît les valeurs doit s’émanciper de La France insoumise, qui s’exclut elle-même de la discussion et préfère le désordre. Ce sera difficile mais nécessaire pour donner un budget au pays», a-t-il précisé.

Sébastien Lecornu évoque aussi la question d’éventuelles discussions avec le RN : «Si vous me demandez s’il faut passer un accord politique avec le RN, la réponse est évidemment non. En revanche, refuser de discuter à l’Assemblée avec des députés élus par un tiers des Français, ça n’aurait aucun sens.»

Interrogé sur l’éventuelle mise en place d’une taxe sur les très hauts patrimoines dite «Zucman» (du nom de l’économiste Gabriel Zucman), comme le demande la gauche, il s’est dit prêt à travailler sur des «questions de justice fiscale», tout en appelant à faire «attention au patrimoine professionnel, car c’est ce qui permet de créer des emplois et de la croissance en France».

Face à la demande du PS de ne pas recourir au 49.3, Sébastien Lecornu a dit souhaiter «ne pas être contraint de l’utiliser», sans toutefois s’engager à ne jamais dégainer cette arme constitutionnelle pour faire adopter le budget.

«Si c’était le cas, ce ne serait pas uniquement l’échec du gouvernement, ce serait un échec pour tous, mais la France doit avoir un budget», a-t-il expliqué.

Gilets jaunes

Dans cet entretien à la presse régionale, publié quelques heures après le premier déplacement (en Saône-et-Loire) du Premier ministre, ce dernier a également annoncé l’ouverture de consultations «dès la semaine prochaine» en vue d’«un grand acte de décentralisation, de clarification et de liberté locale.»

«Il faut que l’on définisse ce qu’on attend de l’Etat, au moment où les attentes seront de plus en plus fortes notamment sur le régalien», a-t-il déclaré, ajoutant que ces changements auraient dû être engagés après le grand débat qui avait suivi la crise des gilets jaunes.

Il n’a pas non plus écarté la fusion ou la fermeture d’agences gouvernementales, tout en soulignant : «Il faut se réorganiser pour être plus efficace. Ce sera à étudier au cas par cas, sans jamais tomber dans la critique facile de nos fonctionnaires qui font un travail remarquable.»

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