On peut échapper au fisc, mais pas à la police. Le milliardaire d’extrême droite Pierre-Edouard Stérin a été entendu mi-novembre par la police judiciaire dans le cadre de l’enquête ouverte après son refus répété de se rendre devant une commission de l’Assemblée nationale, a annoncé ce mercredi 10 décembre le parquet de Paris. Ce dernier avait indiqué mi-septembre avoir ouvert une enquête et l’avoir confiée à la Brigade de la répression de la délinquance faite aux personnes (BRDP). Le refus de comparaître devant une commission d’enquête parlementaire est passible de deux ans d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende.
Reportage
Au printemps, le président Renaissance de la commission d’enquête sur «l’organisation des élections en France», Thomas Cazenave, avait signalé les faits à la justice : à deux reprises, les 14 et 20 mai, le milliardaire avait séché ses convocations à l’Assemblée nationale qui le faisait venir pour s’expliquer sur son activisme politique.
Le parquet de Paris a précisé «avoir reçu le signalement de Thomas Cazenave daté du 21 mai 2025, dénonçant l’absence du représentant de Pierre-Edouard Stérin à l’audition à laquelle il était convoqué le 20 mai 2025 devant la commission d’enquête concernant l’organisation des élections en France».
Le milliardaire devait s’expliquer de son activisme politique
«Pierre-Edouard Stérin a été entendu le 13 novembre 2025 par la BRDP. La section AC2 (presse liberté d’expression et puissance publique) s’est fait transmettre la procédure pour prise de décision», a-t-il précisé. L’homme d’affaires conservateur, devenu milliardaire avec son entreprise de coffrets cadeaux Smartbox, était censé s’expliquer devant les députés sur son activisme politique.
Le «patriote» exilé fiscal en Belgique, qui échange régulièrement avec Eric Zemmour (Reconquête) ou Laurent Wauquiez (LR), se définit comme catholique, conservateur et libéral, et est partisan de l’union des droites. Il se dit prêt à dépenser 150 millions d’euros sur dix ans pour influer sur le débat public et soutenir des candidats aux élections à travers le projet Périclès, révélé en juillet 2024 par l’Humanité.
Peu avant de sécher sa seconde convocation au Parlement, l’intéressé avait invoqué des raisons de sécurité mais il avait avant tout affirmé sur CNews qu’elle n’était qu’un «prétexte» pour des députés qui «ont juste envie de faire les marioles devant les caméras». Le rapport remis à l’issue de la commission d’enquête avait finalement alerté sur le risque révélé par ses travaux de «manipulation de l’opinion en période électorale», notamment à travers des «tentatives d’ingérences financières», comme celles menées par Pierre-Edouard Stérin.




