Superstitieux, Sébastien Lecornu ? Boulonné au banc des ministres des heures durant mardi, dans la dernière ligne droite de l’examen du budget de la Sécurité sociale (PLFSS) à l’Assemblée, le Premier ministre a déserté à l’heure du gong. Modestie face à la victoire ou crainte d’un crash en direct… Jusqu’aux derniers instants la balle de tennis est restée en l’air, chacun refaisant les comptes. Mais le budget de la Sécurité sociale a pu être adopté mardi, avec 247 voix pour et 234 contre (soit 13 voix d’écart). Victoire sur le fil mais incontestable, pour un locataire de Matignon privé de majorité et volontairement dépouillé de l’article 49 alinéa 3 de la Constitution. Sur X, le Premier ministre a salué une «majorité de responsabilité [qui] montre que le compromis n’est pas un slogan».
Avant que 63 députés PS sur 69 ne se prononcent en faveur du texte, le président du groupe PS, Boris Vallaud, avait égrené à la tribune les concessions obtenues. Le texte va désormais poursuivre sa navette au Sénat qui pourra le modifier. Mais l’Assemblée nationale conserve le dernier mot. Il devrait donc très probablement être adopté dans la version votée mardi avant le délai constitutionnel du 31 décembre.
«C’est un vote de raison»
A l’Assemblée nationale, c’est finalement le groupe Ecologiste qui s’est trouvé au centre du suspense. Pris dans une indécision tactique depuis le début des débats budgétaires, il s’est retrouvé sous pression après la défection des groupes Horizons et LR, supposés soutiens du gouver




