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Le billet de Thomas Legrand

Pour Edouard Philippe, la colonisation n’est pas un crime… Ou quand la droite ne lit plus les historiens

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Le patron d’Horizons suit là une tendance à vouloir réécrire l’histoire pour rétablir un «roman national» qui ne s’embarrasse pas des travaux des chercheurs. Un signe supplémentaire de l’écrasante domination culturelle de l’extrême droite sur la droite.

Edouard Philippe, à Marseille, le 17 mai. (Patrick Gherdoussi/Libération)
Publié le 10/12/2025 à 13h03

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Edouard Philippe aime citer Georges Clemenceau. Il prenait même le «Père la victoire» comme l’une de ses figures de référence lors de son discours de passation de pouvoir, le jour de son entrée à Matignon en mai 2017. Dommage qu’au moment de répondre «non», interrogé par Jean-Michel Apathie, lundi 8 décembre sur LCI, pour savoir si la colonisation était un crime, il ne se soit pas remémoré cette phrase de Clemenceau. Celui-ci, lors de son célèbre échange avec Jules Ferry à l’Assemblée nationale en 1885, y définissait ainsi la colonisation : «La violence, tous les crimes déchaînés, le sang coulant à flots, le faible opprimé, tyrannisé par le vainqueur…»

Le petit trouble d’hésitation, la façon de faire répéter la question à son interlocuteur qui a précédé sa réponse «non» sans ambages ni nuance, en dit moins sur Edouard Philippe que sur ce qu’est devenue la droite dans son ensemble. En 2017, toujours lors de son discours inaugural, sur le perron de Matignon, le nouveau Premier ministre ne mettait pas son drape

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