Le parti Les Ecologistes a dévoilé ce vendredi 14 novembre dans un communiqué une procédure disciplinaire à l’encontre d’une figure marseillaise du parti jugée pour corruption sur mineur, précisant que le militant ne pourrait «en aucun cas» être sur une liste électorale pour les municipales de mars. Le militant Hassen Hammou a confirmé à l’AFP qu’il se plierait à une procédure disciplinaire, faisant marche arrière sur un départ de la formation qu’il avait initialement annoncé.
Membre du bureau politique du parti, Hammou, 37 ans, est accusé d’«incitation d’un mineur par un majeur, utilisant un moyen de communication électronique, à commettre un acte de nature sexuelle». Dans cette affaire, révélée par la Provence et impliquant un adolescent de 16 ans au moment des faits, le parquet a requis dix-huit mois de prison avec sursis probatoire.
«De nouvelles informations d’une très grande gravité»
C’est cette même affaire qui l’avait contraint à se mettre en retrait à la mi-octobre après avoir été choisi pour reconduire Les Ecologistes au sein d’une coalition de gauche lors des municipales de mars 2026.
Ce vendredi, le parti indique que son bureau politique a décidé «que Hassen Hammou ne pourra en aucun cas être présent sur la liste soutenue par Les Ecologistes à Marseille, et a fortiori en être le chef de file». Le bureau politique a aussi «décidé de saisir [son] Conseil disciplinaire», a indiqué le texte.
La formation dit avoir appris «de nouvelles informations d’une très grande gravité jusqu’ici inconnues et non-transmises par Hassen Hammou, notamment le fait qu’il ait fréquenté le site Coco», en référence au forum de rencontre aujourd’hui interdit. Le communiqué indique que ce site, mis en lumière par l’affaire Pelicot, est «notoirement connu pour être un repaire de prédateurs sexuels, notamment pédophiles».
«Une décision anticipée, qui ne respecte pas la présomption d’innocence»
«Il y a toujours une procédure disciplinaire», a confirmé Hassen Hammou vendredi. Quant à son utilisation du forum Coco, «l’enquête a montré que j’y suis allé à deux reprises depuis 2018, donc on ne peut pas dire que j’ai été quelqu’un qui fréquentait assidument le site», a-t-il précisé. Ce vendredi, dans un premier temps, Hassen Hammou avait annoncé sur son compte X qu’il allait «quitte[r] le parti écologiste ce jour», avant de revenir sur sa décision.
«Je vais attendre le délibéré du 16 [décembre] et je considérerai la question de mon maintien chez les écologistes à ce moment-là», a précisé à l’AFP Hassen Hammou, qui a toujours revendiqué son innocence face aux accusations pesant sur lui. Dans la foulée, le parti Les Ecologistes a annoncé une suspension «à titre conservatoire, dans l’attente de la décision de justice». «Il s’agit d’une décision anticipée, qui ne respecte pas la présomption d’innocence et qui est contraire à ce qui m’est réellement arrivé», a indiqué Hassen Hammou sur X.
Face à la Provence, le militant s’était défendu en évoquant un «guet-apens» : «En 2024, j’ai été en contact avec deux personnes sur un réseau social, un homme et une femme, pensant qu’elles étaient majeures. Mais en allant au rendez-vous, je suis tombé dans un guet-apens. J’ai été violemment agressé. Ils ont essayé de me voler mon téléphone et mes moyens. J’ai déposé plainte.»




