Un soutien de moins pour la primaire des gauches en vue de la présidentielle 2027. Dans une interview au Nouvel Obs publiée samedi 7 février, le chef des députés socialistes Boris Vallaud a jugé le mode de désignation d’un champion de la gauche «pas suffisant» et plaidé pour «un autre chemin» pour construire «une coalition la plus large qui soit». En excluant la France insoumise du projet.
Cette déclaration de Boris Vallaud, qui se veut une charnière entre le premier secrétaire pro-primaire Olivier Faure et ses opposants attachés à une candidature socialiste, intervient deux semaines après que ce dernier a participé le 24 janvier à Tours au lancement officiel du processus qui doit désigner un candidat issu du PS, des Ecologistes et des anciens insoumis comme Clémentine Autain et François Ruffin.
Une coalition «de Ruffin à Glucksmann»
Mais il s’y était rendu sans mandat du parti à la rose, qui ne s’est pas encore prononcé sur la question du scrutin, pour l’instant fixé au 11 octobre 2026. Elle n’inclura pas les insoumis, partis pour se ranger derrière Jean-Luc Mélenchon, ni Place Publique, qui prépare la candidature de Raphaël Glucksmann, malgré des ratés et notamment un débat poussif à l’automne contre Eric Zemmour. Si aucun ne s’est officiellement déclaré, les deux hommes sont actuellement les mieux placés dans les sondages à gauche.
Dans un contexte où la gauche, divisée, pourrait être encore absente du second tour, l’élu landais se dit «favorable au rassemblement le plus large de la gauche face à la menace de l’extrême droite», conscient que «c’est ce que demandent nos électeurs». Mais par la primaire à laquelle ont d’ores et déjà annoncé se présenter Clémentine Autain, François Ruffin et Marine Tondelier.
«Je crois à un autre chemin, plaide encore le parlementaire. La construction d’une coalition la plus large qui soit, unie autour d’un projet de gauche à vocation majoritaire dans le pays. Avec d’autres, venus de toute la gauche, nous y travaillons.» Une coalition à laquelle il met une condition : «La désignation d’un candidat du Parti socialiste. Je ne laisserai personne priver les militants d’un choix qui leur revient. Le candidat des socialistes s’engagera ensuite dans cette coalition, cela nous donnera la force nécessaire pour la suite», a-t-il ajouté. Charge ensuite à cette coalition élargie «de François Ruffin à Raphaël Glucksmann», dit-il, d’«inventer ensuite son processus pour choisir son candidat».
Primaire ébranlée
Si elles vont dans le sens d’une candidature commune de toute la gauche or LFI, les déclarations de Boris Vallaud accroissent encore les doutes sur la primaire défendue avec ardeur par la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier, l’ex-candidate de la gauche pour Matignon Lucie Castets, les anciens insoumis et les socialistes proches d’Olivier Faure. Outre les candidatures putatives de Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann, le projet est ébranlé par les velléités de Fabien Roussel et du député PS Jérôme Guedj.
Sans dire s’il sera candidat, Vallaud affirme qu’il va s’«appliquer ce qu’[il] souhaite pour cette coalition : commencer par le fond et les idées». Fer de lance des négociations socialistes pour un deal entre le gouvernement et le PS dans les discussions pour les budgets 2026, le Landais fait le constat que «la gauche est orpheline d’une idée forte».




