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Présidentielle: Macron, la stratégie «de la chique et du mollard»

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Besoin de prendre des risques, de démontrer qu’il accepte la contradiction sans retomber dans l’arrogance, se présenter «à portée d’engueulades»... Dans cet entre-deux tours, le président-candidat accepte de recevoir des coups. Pour quelles conséquences?

Le président-candidat, Emmanuel Macron, lors de son déplacement de campagne au Havre, jeudi. (Albert Facelly/Libération)
Publié le 15/04/2022 à 11h14

Les macronistes ont retrouvé leur Macron. Celui dont ils complimentent avec emphase le goût de «l’adversité» et le plaisir d’«aller au contact». Mi-mars, quand les courbes se sont resserrées, ils avaient douté en voyant le candidat trottiner en petites foulées. Les voilà rassurés. «Macron montre qu’il est capable d’écouter les yeux dans les yeux. Là on fait une campagne à la vie à la mort, on va parler aux gens qui n’ont pas voté pour nous, quitte à s’en prendre plein la gueule. Finis les puristes et les esthètes, il faut de la chique et du mollard !» s’enflamme le député LREM, Sacha Houlié.

Après la campagne en surplomb, la campagne à fond. Lui qui s’était contenté, avant le premier tour, du minimum syndical, doit y aller au corps-à-corps. Son programme de jeudi au Havre avait, certes, davantage un goût de déplacement présidentiel, avec visite de site industriel. Et des militants de LREM étaient venus en nombre l’accueillir et couvrir de leurs slogans les protestations d’opposants tenus à distance. Macron n’était pas venu simplement en Seine-Maritime pour les beaux yeux de son ex-Premier ministre, Edouard Philippe, mais aussi dans une ville de tradition communiste qui a placé Jean-Luc Mélenchon en tête au premier tour.

Dissiper la verticalité

A Denain et Carvin,

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