Un élu marseillais tout-puissant, des hommes de l’ombre – dont son frère entrepreneur –, des soupçons de trafics d’influence et de marchés publics douteux, des représailles politiques, des ordinateurs qui disparaissent la veille des perquisitions… et même une petite fleur protégée venue planter sa graine au cœur d’une procédure tentaculaire, qui aura mis dix ans pour arriver à la barre : «l’affaire Guérini», du nom de l’ancien homme fort du PS local, puissant patron du département des Bouches-du-Rhône durant plus de seize ans, est examinée à partir de lundi par le tribunal correctionnel de Marseille. Jean-Noël Guérini, toujours sénateur (il l’est depuis plus de vingt-deux ans…), est jugé, à 70 ans, pour «prise illégale d’intérêts» aux côtés de onze autres prévenus, dont son frère Alexandre. Il leur est reproché, à des degrés divers, un «dévoiement généralisé de la chose publique au service d’intérêts économiques privés», pose le juge d’instruction Fabrice Naudé dans son ordonnance de renvoi. Un épilogue judiciaire moins spectaculaire que ne le laissait présager la procédure fleuve consignée dans 58 tomes, et qui aura généré une centaine d’interrogatoires, épuisant au passage trois juges d’instruction.
Tout commence en février 2009 par une lettre anonyme envoyée au parquet de Marseille. L’auteur-mystère y raconte dans le détail u




