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Après avoir été enfariné en Haute-Saône, Jordan Bardella a subi, lors d’une séance de dédicaces à Moissac (Tarn-et-Garonne) samedi 29 novembre, un terrible écrasement d’œuf (même pas dur) sur sa tête. Le lendemain, sur CNews, le boss du RN avait dénoncé «une brutalisation du débat démocratique». «Je suis extrêmement inquiet de voir un climat de plus en plus violent s’installer dans notre pays», a-t-il ajouté la mine grave. Dimanche, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, le patron de Place publique, Raphaël Glucksmann et quelques autres personnalités politiques ont dénoncé cette insupportable agression culinaire. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a de son côté condamné «très fermement» une agression qualifiée d’«inacceptable».
Si, comme l’a écrit notre camarade Thomas Legrand, on ne peut pas cautionner les jets de nourriture sur les figures politiques, rien n’oblige à transformer un jet d’œuf mollet en une sorte d’attentat à réprimer férocement. Bardella lui-même pourrait d’ailleurs approuver ce message. Rappelons-nous mars 2017 : Macron, alors candidat à la présidentielle, se prend un œuf en pleine poire au Salon de l’agriculture. Que tweete à l’époque celui qui n’était que conseiller régional d’Ile-de-France et jeune apparatchik du parti d’extrême droite ? «Quoi de n-œuf Emmanuel Macron ?» L’amicale des amateurs de calembours pouvait se mettre en PLS. Et personne chez les lepénistes ne s’était offusqué d’une horrible «brutalisation du débat démocratique». D’œufs poids deux mesures ?




