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Souveraineté

Groenland : «La France va envoyer des moyens terrestres, aériens et maritimes dans les prochains jours», affirme Macron

Le président de la République a effectué ce jeudi ses traditionnels vœux aux Armées sur la base aérienne stratégique d’Istres, dans un contexte de réarmement de la France face aux incertitudes internationales.

Emmanuel Macron sur la base aérienne militaire d'Istres, ce jeudi 15 janvier 2026. (Philippe Magoni/REUTERS)
Publié le 15/01/2026 à 12h47, mis à jour le 15/01/2026 à 13h05

Le rendez-vous était très attendu alors que la France est toujours en quête d’un budget pour 2026, sur fond de tensions géopolitiques et de besoins militaires accrus. Lors de ses vœux aux armées ce jeudi 15 janvier, Emmanuel Macron a appelé à des «efforts à la mesure de notre rude époque» pour «être puissants dans ce monde si brutal». «L’accélération des périls commande d’accélérer le réarmement de la France», a souligné le président de la République. «Il faut faire plus vite, il faut faire plus fort».

«L’Histoire ne pardonne ni l’impréparation, ni la faiblesse», a lancé le chef de l’Etat, exhortant à une actualisation de la loi de programmation militaire (LPM) «d’ici au 14 juillet», pour débloquer un budget supplémentaire de 36 milliards d’euros pour les armées d’ici à 2030. La loi de programmation militaire 2024-2030 prévoit actuellement 413 milliards d’euros.

Concernant la sécurité au Groenland, cible des appétits expansionnistes de Donald Trump, «les Européens ont une responsabilité particulière», a par ailleurs martelé Emmanuel Macron. Il a ainsi annoncé que la quinzaine de soldats français déjà présents sur place, dans le cadre d’une mission européenne, «seront renforcés dans les prochains jours par des moyens terrestres, aériens et navals».

Sur l’invasion russe en Ukraine, le Président a affirmé que la France fournissait désormais «les deux tiers» des «capacités de renseignement» nécessaires à Kyiv, ajoutant que les 34 pays de la Coalition des volontaires finançaient «100 des moyens accordés à l’Ukraine. «Là où l’Ukraine était éminemment dépendante des capacités de renseignement américaines à une écrasante majorité il y a un an, aujourd’hui, les deux tiers sont fournis par la France», s’est-il félicité.

Ramené à Paris par Thomas Pesquet

Le chef de l’État était arrivé sur la base aérienne 125 d’Istres (Bouches-du-Rhône) dans la foulée d’un conseil de défense convoqué ce jeudi matin en urgence à l’Élysée sur la situation au Groenland, cible des velléités expansionnistes de Donald Trump, mais aussi au sujet des manifestations en Iran et d’une possible intervention américaine. La base d’Istres est la plus grande base de l’armée de l’air et de l’espace française. Grande comme un quart de Paris, elle abrite une des plus longues pistes d’atterrissage d’Europe, est aussi le «hub des armées», par lequel transitent les vols militaires français, par un terminal passager géré par des sous-traitants civils.

Devant un millier d’invités, le chef des Armées était censé «donner ses orientations pour la défense nationale», sur ce site qui abrite l’arme nucléaire, à 40 kilomètres au nord-est de Marseille. Responsables politiques et militaires s’attendaient aussi à des signaux relatifs à la discussion budgétaire, toujours dans l’impasse au Parlement, alors qu’Emmanuel Macron a demandé d’augmenter de 3,5 milliards les crédits des Armées en 2026.

Pour revenir à Paris, Emmanuel Macron est censé embarquer à bord d’un avion ravitailleur et de transport de troupes - un Airbus A330 - piloté par l’astronaute Thomas Pesquet, à destination d’Orly. L’ex-commandant de la Station spatiale internationale est depuis 2024 colonel de réserve dans l’armée de l’Air, affecté à Istres. Le Président assistera au décollage et à l’atterrissage dans le cockpit, ainsi qu’à un ravitaillement de chasseurs Rafale en vol.

Mise à jour à 13 h 04, avec l’ajout de la déclaration d’Emmanuel Macron concernant le Groenland.

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