Plus une réforme est adoptée dans l’adversité, plus il faudrait y voir le signe qu’elle est courageuse. Il y a là une croyance tout à fait contestable que les gouvernants se transmettent au-delà des alternances politiques. Alors qu’une écrasante majorité des Français rejette le projet du gouvernement de reporter de 62 à 64 ans l’âge légal de départ à la retraite, tout en accélérant le passage à 43 annuités de cotisation, on entend ce refrain chez les porte-voix du pouvoir. A droite, il y a longtemps que le fait de «tenir» face à la rue est un marqueur de caractère. On pense à Alain Juppé droit dans ses bottes, mais qui avait finalement dû en rabattre devant la contestation sociale en 1995, ou à François Fillon rappelant comme une fierté qu’il avait, lui, mis 2 millions de Français dans la rue quand le gouvernement d’Edouard Philippe mobilisait moins de personnes contre lui.
Le billet de Jonathan Bouchet-Petersen
Réformer contre sa population, c’est plus souvent de l’entêtement que du courage
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S’il parie sur une résignation des Français, le pouvoir devrait aussi se méfier du ressentiment accumulé ces dernières années : il pourrait bien se déconfiner massivement.
Lors d'une manifestation contre la réforme des retraites, à Marseille ce jeudi. (Nicolas Turcat/AFP)
Publié le 19/01/2023 à 11h20
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