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Chez Pol

«Réindustrialisation» des armements : les insoumis prennent Macron aux mots et appellent à des nationalisations

La présidente de la commission des affaires économiques à l’Assemblée, Aurélie Trouvé, pointe les «incohérences» de l’exécutif en matière de défense. Pour elle, laisser fermer l’usine Vencorex en Isère est en contradiction avec la ligne affichée par le président de la République mercredi soir 5 mars.

La présidente de la commission des affaires économiques à l’Assemblée, Aurélie Trouvé, à Paris, le 13 novembre 2024. (Gregoire Campione/AFP)
Publié le 07/03/2025 à 8h11

Chiche Macron ! C’est, en substance, ce que l’insoumise Aurélie Trouvé aimerait transmettre au chef de l’Etat après son allocution du mercredi 5 mars. «Il veut “accélérer la réindustrialisation dans toutes nos régions” ? Qu’il commence par nationaliser Vencorex», lance la présidente de la commission des affaires économiques à l’Assemblée nationale. Cette entreprise située au Pont-de-Claix (Isère) risque la liquidation judiciaire – le tribunal de commerce de Lyon lui a offert un sursis de six mois jeudi. Or les plus de 400 salariés fabriquent notamment du sel qui permet à l’usine voisine d’Arkema – elle aussi en difficulté – de produire du chlore et des dérivés, nécessaires notamment au carburant utilisé par ArianeGroup pour les fusées Ariane 6 et les missiles M51 de la dissuasion atomique. Sa fermeture pourrait entraîner la fin d’une filière considérée comme «stratégique».

«Vencorex, c’est un cas d’école, insiste Aurélie Trouvé. Est-ce que le gouvernement choisit d’autonomiser la France et donc accepte de nationaliser cette entreprise ? Ou bien choisit-on de s’approvisionner en Pologne et de transformer les produits en Allemagne et donc d’être dépendants d’autres pays ?» L’option de la nationalisation de Vencorex, défendue par plusieurs forces de gauche, dont les insoumis et les écologistes, a été écartée par le Premier ministre, François Bayrou. Dans un courrier daté du 21 février, le Premier ministre justifiait ce choix car, selon lui, «l’activité n’est pas viable selon tous les scénarios étudiés» et avait renvoyé à «un projet de reconversion» de la plateforme via «un pacte territorial avec les élus locaux».

Trouvé compte bien remettre ce sujet au premier plan médiatique pour pointer certaines «incohérences» entre «le discours» de Macron et «les actes» de son gouvernement. Elle a prévu d’auditionner les patrons de Vencorex et Arkema, respectivement les 18 et 19 mars. «Pile poil» au moment où «cette question des moyens de défense va monter». Emmanuel Macron doit en effet «réunir», comme il l’a annoncé mercredi, «les industriels du secteur dans les prochains jours».

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