Menu
Libération
Le billet de Jonathan Bouchet-Petersen

Retraites : «Mettre l’économie à genoux», l’excès de langage contre-productif de la CGT

Réservé aux abonnés

En annonçant leur intention de bloquer le pays en ces termes clivants, les fédés CGT de plusieurs secteurs clés ont commis au minimum une faute de communication. Face à un pouvoir rouleau compresseur, l’enjeu est au contraire de garder l’unité du front syndical.

Le secrétaire général de la Fédération CGT des mines et de l'énergie Sébastien Menesplier, le 16 février à Gournay-sur-Aronde. (Albert Facelly/Libération)
Publié le 03/03/2023 à 11h50

On comprend parfaitement la nécessité pour le front syndical d’intensifier le rapport de force face à un pouvoir sourd à ses revendications. Alors que la dernière mobilisation nationale contre la réforme des retraites remonte au 16 février, la journée du 7 mars, qui doit «mettre le pays à l’arrêt», est à ce titre le premier temps d’une nouvelle étape où le recours à la grève va se généraliser. Mais affirmer, comme l’a fait jeudi une demi-douzaine de fédérations de la CGT de plusieurs secteurs clé (Ports et Docks, Cheminots, Industries chimiques, Verre et Céramique et Mines-Energie), que leur objectif est de «mettre l’économie à genoux» est a minima un excès de langage. C’est peut-être même une faute de la part de ces puissantes fédés qui disposent d’une autonomie de paroles et d’actes vis-à-vis de la direction du syndicat dirigé par Philippe Martinez.

Arme légitime

Certes, Emmanuel Macron a montré de façon patente combien il est plus sensible

Dans la même rubrique