Remaniement en vue. L’entourage de Sébastien Lecornu a fait savoir ce dimanche 25 janvier que le Premier ministre envisage de retoucher son équipe dans les prochaines semaines, si toutefois il conserve son poste. Le chef du gouvernement «réfléchit à proposer au président de la République un ajustement gouvernemental après la séquence budgétaire, si elle se termine bien», a déclaré l’un de ses collaborateurs à l’AFP, confirmant une information de la Tribune dimanche.
La réserve fait allusion aux dernières haies que doit encore franchir l’exécutif pour faire adopter son projet de budget (PLF) : après avoir surmonté deux motions de censure vendredi, sur la partie «recettes» du texte, Sébastien Lecornu a encore une fois engagé sa responsabilité sur la partie «dépenses», suscitant de nouvelles motions de censure de la part du Rassemblement national et de La France insoumise. Celles-ci devraient être examinées mardi, a priori sans plus de chances d’être adoptées. Après un nouvel examen au Sénat, et probablement un dernier usage de l’article 49 alinéa 3 de la Constitution devant les députés, le texte devrait être définitivement adopté début février.
Chez Pol
C’est à partir de ce moment que le Premier ministre pourrait remanier le gouvernement. Un poste au moins sera à pourvoir : celui de ministre de la Culture. La titulaire actuelle du portefeuille, Rachida Dati, candidate Les Républicains à la mairie de Paris, a annoncé qu’elle démissionnerait avant le premier tour des municipales, le 15 mars. Deux autres ministres, Marina Ferrari (Sports) et Michel Fournier (Ruralité) sont candidats, respectivement à Aix-les-Bains (Savoie) et aux Voivres (Vosges). Mais leur victoire n’entraînerait pas forcément leur démission (le second, déjà maire, n’a d’ailleurs pas quitté son mandat). Depuis le gouvernement de Michel Barnier (septembre à décembre 2024), et contrairement à une doctrine informelle en vigueur depuis la fin des années 90, les ministres sont autorisés à cumuler leur fonction et un mandat exécutif local. Contacté à ce sujet, Matignon n’a pas donné suite.
Marges de manœuvre toujours aussi faibles
L’«ajustement» envisagé reposerait aussi la question des ministres membres des Républicains (cinq en plus de Rachida Dati), qui ont défié la consigne de non-participation énoncée par leur parti, ce qui a conduit ce dernier à les suspendre.
Selon nombre d’observateurs, le risque de censure du gouvernement pourrait beaucoup s’alléger une fois franchie l’obstacle budgétaire, les oppositions hésitant à susciter une nouvelle dissolution de l’Assemblée qui percuterait la campagne municipale et, aussitôt après, les préparatifs de la prochaine présidentielle. Le gouvernement Lecornu et ses nouveaux visages seraient donc susceptibles de s’inscrire dans la durée – avec des marges de manœuvre politiques toujours aussi faibles. Parmi les ambitions évoquées pour les derniers mois du quinquennat figurent la régulation des réseaux sociaux, avec leur possible interdiction pour les moins de 15 ans, la création d’une allocation sociale unique, un projet de loi sur la décentralisation ou encore une réforme du système de sanctions pénales, dans un sens plus répressif, portée par le garde des Sceaux, Gérald Darmanin.




