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Tour de table

Sébastien Lecornu «parle de rupture» mais «ne pose aucun acte de rupture», regrette Sophie Binet à la sortie de Matignon

Le Premier ministre poursuit ce lundi 15 septembre ses consultations avec les représentants d’organisations de salariés - dont la CGT - et de patrons, en vue de l’élaboration du budget 2026. Socialistes, communistes et écologistes seront reçus mercredi.

Sophie Binet le 17 janvier 2025 à Paris. (Albert Facelly/Libération)
Publié le 15/09/2025 à 11h05, mis à jour le 15/09/2025 à 13h06

Après son premier déplacement sur le terrain ce week-end, Sébastien Lecornu reprend les réunions dans son bureau de Matignon. A l’orée d’une semaine sous pression, le nouveau Premier ministre reçoit ce lundi 15 septembre pour des concertations en vue du budget 2026 les représentants des syndicats de salariés - la CGT (11 heures) et la CFTC (14 h 30) - puis des organisations patronales - la CPME (17 heures) et de l’U2P (mardi à 11 heures). Il avait déjà accueilli la CFDT et le Medef vendredi.

A la sortie de Matignon à la mi-journée, la patronne de la CGT, Sophie Binet, a regretté «qu’à ce stade, le Premier ministre parle de rupture» mais «ne pose aucun acte de rupture». Elle a aussi dit avoir enjoint à Sébastien Lecornu d’abroger la réforme des retraites, s’il ne veut pas «rejoindre le cimetière des Premiers ministres qui déborde».

La secrétaire générale de la CGT avait donné le ton dès ce lundi matin : depuis le plateau de la matinale de TF1, elle avait exhorté le patronat à arrêter de «pleurnicher» et à cesser de faire des «caprices d’enfants gâtés», mettant en avant les «milliards d’aides consenties» chaque année aux entreprises. Le président du Medef Patrick Martin avait menacé ce week-end d’une grande mobilisation patronale si les impôts des entreprises étaient augmentés dans le cadre du budget 2026.

Sophie Binet s’était aussi félicitée aussi du retrait annoncé de la mesure de suppression des jours fériés. C’est le «résultat de notre rapport de force», considère-t-elle, petite victoire qui «ne fait que renforcer notre détermination à nous mobiliser encore plus nombreux et nombreuses le 18 septembre», journée de mobilisation nationale organisée par l’intersyndicale, dont la CGT fait partie.

Mobilisations en série

Le syndicat Force ouvrière (FO) a pour sa part déclaré ne pas vouloir participer aux consultations à Matignon avant cette journée de mobilisation du 18 septembre. FO défilera notamment avec la CGT et la CFDT jeudi. La secrétaire générale du premier syndicat de France, Marylise Léon, a dit vendredi vouloir «peser sur la préparation du budget» après sa réception à Matignon, affirmant que son organisation était «plus que jamais motivée à aller dans la rue jeudi».

La journée du 18 septembre n’est par ailleurs pas la seule journée de mobilisation à laquelle devra faire face Sébastien Lecornu dans les prochaines semaines. La FNSEA, premier syndicat agricole, a appelé à une «grande journée d’action» le vendredi 26 septembre, demandant «une date de rendez-vous avec Sébastien Lecornu dans les prochains jours». Le principal syndicat des contrôleurs aériens se mobilisera de son côté début octobre, n’ayant pour l’instant pas d’interlocuteur au gouvernement pour faire aboutir ses revendications.

Côté politique, le patron du PS Olivier Faure a fait savoir ce lundi matin que les socialistes seront reçus à Matignon mercredi matin. Le Premier ministre rencontrera aussi le même jour les Ecologistes, le Parti communiste et Place publique, la formation de Raphaël Glucksmann, ainsi que le Rassemblement national. On ignore encore les horaires précis de cette journée qui s’annonce chargée, à la veille de la mobilisation des syndicats.

Chargé par Emmanuel Macron de consulter les diverses forces politiques avant de former son gouvernement, Sébastien Lecornu a déjà reçu les principaux cadres du «socle commun» en fin de semaine dernière.

Mise à jour : à 14 h 24, avec l’ajout de la réception du RN et de Place publique mercredi.

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