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Analyse

Stream politique : le retour en force de la gauche «décoloniale», en guerre contre le «progressisme blanc»

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Des députés LFI défilent sur le plateau de Paroles d’honneur, média en ligne qui rassemble des anciens du Parti des indigènes de la République, dont Houria Bouteldja, figure polémique qui multiplie les déclarations aux accents racistes et homophobes. Deuxième volet de notre enquête.

Lancée en 2017, la chaîne YouTube Paroles d'honneur cumule près de 100 000 abonnés. (Montage Libération)
Publié le 28/12/2025 à 16h32

Assis sur le plateau, Dany et Raz écoutent sagement Houria Bouteldja. Ce 13 août 2022, les deux streamers, stars du Twitch politique avec des vidéos qui cumulent 200 000 vues, ont décidé de réhabiliter l’ex-porte-parole du Parti des indigènes de la République (PIR). «C’était facile d’arrêter de la censurer, il suffisait d’allumer le micro et de lui donner», décrètent-ils dans cette vidéo intitulée «2 PETITS BLANCS rencontrent HOURIA BOUTELDJA». «Tu fais partie des personnes qui nous ont donné le plus d’outils pour parler aux gens et pour leur expliquer les choses», expliquent-ils en amorce. En face, pendant plus d’une heure, la militante décoloniale va pouvoir développer sa pensée, construite sur une opposition entre «indigènes» et «blancs».

Jugée infréquentable depuis des années, Houria Bouteldja fait son retour à 52 ans par le stream politique, devenu un canal de communication pour la gauche décoloniale. En 2005, le lancement du PIR, qui revendiquait la réintroduction du concept de race pour comprendre les rapports de domination structurés par la colonisation, avait suscité l’intérêt du monde politique et médiatique. Invitée en plateau, louée par certains intellectuels, sa cofondatrice avait finalement été mise au ban en 2016 après la publication de les Blancs, les Juifs et nous (la Fabrique). L’essai, à l’époque dénoncé pour ses relents antisémites, est aujourd’hui revendiqué comme une référence

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