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Dépistages

Stupéfiants : Eric Piolle appelle à tester anonymement élus et ministres

Le maire écologiste de Grenoble propose des «tests salivaires, capillaires et d’urine à l’Assemblée et au Sénat, auprès des ministres, des élus et des personnels politiques» pour voir si les milieux de pouvoirs sont, eux aussi, concernés par l’augmentation de la consommation de drogues.
Eric Piolle à Grenoble, le 31 janvier. (Benoit Pavan/Hans Lucas. AFP)
publié le 3 février 2025 à 20h04

Objectif : «voir si le problème touche aussi les cercles de décisions». Et probablement faire du bruit. Le maire écologiste de Grenoble Eric Piolle a appelé ce lundi 3 février à conduire «de façon anonyme» des tests de recherche de stupéfiants sur les parlementaires et les ministres. Le candidat malheureux à la primaire écologiste de 2021 avait déjà fait une proposition en ce sens lors d’une audition par la commission sénatoriale contre le narcotrafic, a-t-il rappelé lundi au Dauphiné Libéré. Selon lui, il pourrait s’agir de «tests salivaires, capillaires et d’urine à l’Assemblée et au Sénat, auprès des ministres, des élus et des personnels politiques. De façon anonyme, pour ne cibler aucune personne».

«Il faut se rappeler qu’il y a déjà eu des affaires de stups au Parlement. Ce serait bien de faire un point aujourd’hui. Ce serait un moyen de voir si le problème touche aussi les cercles de décisions, alors que ceux-ci sont censés lutter contre le trafic», a-t-il dit au journal. L’objectif d’une telle mesure ne serait pas de «culpabiliser les individus», d’où le recours à l’anonymat, mais de «montrer que cela touche toutes les strates de la société», ont précisé ses services. «Toutes les études montrent que la cocaïne est aujourd’hui largement utilisée en France, et pas seulement pour un effet récréatif, mais aussi pour faire face au stress et aux rythmes de vie intenables», a poursuivi le maire, qui avait le mois dernier appelé à un référendum sur la légalisation du cannabis.

L’écologiste, dont la ville est régulièrement endeuillée par des règlements de compte liés au trafic de stupéfiants, est fréquemment accusé de laxisme par la droite, qui lui reproche notamment de refuser d’augmenter les caméras de surveillance et d’armer ses policiers municipaux. En France, le cannabis reste la drogue la plus consommée avec 5 millions d’usagers dans l’année en 2023, selon la dernière étude de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT). Dans le même temps, la demande en cocaïne n’a jamais été aussi forte avec 1,1 million de personnes qui en ont consommé au moins une fois dans l’année.