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Extrême droite

«Submersion» migratoire : «Les hommes politiques pensent, à tort, qu’en utilisant les mots du RN, ils vont faire revenir les électeurs»

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Gouvernement Bayroudossier
Le Premier ministre, François Bayrou, a parlé ce lundi 27 janvier, au sujet de la situation à Mayotte, d’un «sentiment de submersion» migratoire. Un terme employé par le Front national dès les années 80, et qui est un classique de l’extrême droite.
François Bayrou à Mayotte, le 30 décembre. (David Lemor/ABACA)
par Yves Poulain
publié le 30 janvier 2025 à 9h25

Il aura suffi d’un mot pour interrompre les négociations. Lundi 27 janvier au soir, sur LCI, interrogé au sujet de l’immigration à Mayotte, le Premier ministre, François Bayrou, évoque un «sentiment de submersion» migratoire qui y progresserait, une impression de «ne plus reconnaître [notre] pays, les modes de vie ou la culture». Devant son refus de retirer ces propos lors de la séance des questions au gouvernement du lendemain, le Parti socialiste annonçait l’annulation d’une réunion de négociation prévue autour du budget.

Maladresse ou appel du pied au Rassemblement national, à quelques jours de l’examen du budget par l’Assemblée, puis d’une probable motion de censure ? Ce qui est sûr, c’est que ce terme de «submersion» est un classique de l’extrême droite. «C’est une expression qui apparaît sous différentes formes, mais toujours avec la même idée derrière», décrit Jean-Yves Camus, directeur de l’Observatoire des radicalités politiques à la fondation Jean-Jaurès. Il cite notamment le mot «invasion», ou le plus récent «grand remplacement». Le chercheur fait le lien avec les écrits de M