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Suspicion d’ingérence étrangère au procès de Marine Le Pen : une magistrate affirme avoir été approchée par les Américains

La secrétaire générale de la Commission nationale consultative des droits de l’homme a assuré ce mardi 20 janvier avoir été approchée par deux émissaires américains convaincus que la cheffe de file des députés RN subissait un procès politique visant à l’écarter de la présidentielle.

Marine Le Pen, au palais de justice de Paris, le 20 janvier 2026. (Albert Facelly/Libération)
Publié le 20/01/2026 à 18h51

Les Etats-Unis tentent-ils d’interférer dans le procès des assistants parlementaires du FN-RN ? Cette éventualité est à nouveau confortée, ce mardi 20 janvier, par la secrétaire générale de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CDCDH), l’institution française indépendante de protection des droits humains. Cette responsable, la magistrate Magali Lafourcade, assure avoir été approchée il y a quelques mois par deux émissaires américains en vue d’une possible «manipulation du débat public français» au profit de la cheffe de file des députés de l’extrême droite, Marine Le Pen.

Auprès de l’AFP, elle raconte avoir reçu le 28 mai 2025 Samuel Samson et Christopher Anderson, deux conseillers du bureau de la démocratie, des droits humains et du travail au sein du département d’Etat américain. Pour Magali Lafourcade, ces diplomates étaient à la recherche «d’éléments pour accréditer une théorie qui aurait pu, peut-être, servir de support à une désinformation ou à une manipulation du débat public français».

Car, très rapidement, la conversation a dévié sur Marine Le Pen. Rendue inéligible par une condamnation en première instance en mars 2025, la dirigeante d’extrême droite joue sa candidature à l’élection présidentielle de 2027, lors du procès en appel des assistants parlementaires d’eurodéputés du Front national (devenu Rassemblement national), qui a débuté le 13 janvier.

«Cette conversation n’avait pas lieu d’être avec des alliés»

Les représentants américains «étaient convaincus que c’était un procès politique qui visait à l’écarter de la présidentielle ou de la mettre au ban pour des raisons purement politiques», a relaté la secrétaire générale de la CNCDH. Pour les deux émissaires, Marine Le Pen est «injustement traitée» et victime «d’une condamnation politique» : «ils cherchaient des éléments pour accréditer cela», a ajouté Magali Lafourcade. Des déclarations dans la lignée de celles de Donald Trump, qui avait critiqué la première sentence aussitôt prononcée, appelant à la «libération» d’une Marine Le Pen victime selon lui d’une «chasse aux sorcières».

«J’étais à ce moment-là très gênée parce que je trouvais que cette conversation n’avait pas lieu d’être avec des alliés», dit-elle, confiant avoir perçu quelque chose d’«assez malveillant». «Ça ressemblait à une sorte d’immixtion pour accréditer un discours dont j’ai eu le sentiment qu’il était à visée d’ingérence», ajoute-t-elle. «Mal à l’aise», Magali Lafourcade affirme avoir signalé la discussion le jour même au ministère des Affaires étrangères. «Ce que je ne fais jamais car en tant qu’institution indépendante, on ne rend pas compte des échanges qu’on a avec des diplomates.»

Le Quai d’Orsay lui avait répondu prendre cette affaire «très au sérieux», a-t-elle assuré. Sollicité par l’AFP pour confirmer cet échange, le ministère n’avait pas répondu ce mardi en fin d’après-midi. C’est la deuxième fois que des suspicions d’ingérence venue des Etats-Unis dans le procès du RN sont évoquées par des magistrats français. Début janvier, le président du tribunal de Paris, Peimane Ghaleh-Marzban, a mis en garde contre cette éventualité, rappelant que des magistrats qui ont traité ce dossier pénal du RN avaient reçu des menaces de sanctions américaines.

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