Sarkozy, le retour. Trois ans après la sortie du récit de ses deux premières années de quinquennat, l’ancien président de la République réapparaît en librairie. Dans le Temps des combats, publié chez Fayard mardi 22 août, l’ancien président raconte la fin de son bail élyséen, «une partie de notre patrimoine commun», comme il l’écrit en guise d’amuse-bouche sur le réseau X, anciennement Twitter. Nicolas Sarkozy s’offre également la une du Figaro Magazine, ce week-end, pour assurer la promotion du bouquin.
Dans cette interview mise en ligne dès ce jeudi, l’ancien chef de l’Etat adresse quelques piques à l’encontre d’Emmanuel Macron mais loue l’un de ses ministres : Gérald Darmanin. S’il ne suit pas l’idée du ministre de l’Intérieur d’interdire le placement en détention provisoire de policiers, Sarkozy estime que le patron de Beauvau a «géré au mieux» la crise secouant l’institution policière. Dans le deuxième tome de ses mémoires, feuilleté par BFM TV, il va même plus loin dans ce qui ressemble à un adoubement : «Jusqu’à présent, les faits lui ont largement donné raison. Saura-t-il franchir une autre étape, voire l’étape ultime, celle qui mène à la présidence de la République ? Je le lui souhaite, car il a des qualités évidentes.»
Premier de la classe
Poutine «pas irrationnel»
Dans les colonnes du Figaro, Nicolas Sarkozy disserte aussi sur l’actualité internationale. Sur la Russie, l’ancien chef de l’Etat rappelle qu’il a, en 2008, «convaincu [Poutine] de retirer ses chars qui étaient à 25 kilomètres de Tbilissi», en Géorgie. Manière de dire qu’il serait possible de le raisonner aujourd’hui. S’il estime que «Poutine a eu tort» d’envahir l’Ukraine, bien qu’il ne soit, à ses yeux, «pas irrationnel», Sarkozy plaide pour une «une sortie par le haut en recourant […] à des référendums strictement encadrés par la communauté internationale» concernant le sort de la Crimée et du Donbass, dont il envisage que la Russie puisse les conserver.
Surtout, l’ancien président de la République estime que l’Ukraine, contrairement aux vues des Européens et des Américains, doit rester un «pays neutre» et n’adhérer ni à l’Union européenne ni à l’Otan. «L’Ukraine a une vocation de pont entre l’Europe et la Russie», dit-il. Sur le volet international, l’ancien chef de l’Etat répond également aux critiques concernant sa décision d’intervenir en Libye en 2011. «Ce pays sombrait dans le chaos, se justifie Sarkozy. Si nous n’étions pas intervenus, il y aurait eu des milliers de morts.»
Alors que le sujet doit revenir au Parlement cet automne, Sarkozy s’exprime également longuement sur l’immigration. Outre la création de «points d’accueil et de traitement des demandes d’admission» visant à «fixer dans leur pays les candidats au départ», il prône un partenariat économique renforcé avec l’Afrique. «C’est donc à l’Europe de prendre en main la construction et le financement des gigantesques infrastructures dont l’Afrique a besoin pour donner du travail à tous ces jeunes qui sont poussés à l’immigration afin d’échapper à la misère», avance-t-il.
Les affaires, «personne n’y comprend rien»
Interrogé sur Marine Le Pen, celui qui a affronté son père en 2007 au premier tour de la présidentielle croit que la «possibilité» d’une victoire du Rassemblement national dans les urnes «existe toujours». La droite, ajoute-t-il, a quant à elle «trop de choses [la] sépar[ant]» de l’extrême droite. A savoir «son idée de l’Europe, son idée de la culture, son idée de l’histoire de France, son programme économique». De sa famille politique, Sarkozy dit au passage qu’elle est «en reconstruction», bien qu’il y ait des talents chez Les Républicains… Mais aussi «dans le camp présidentiel». Et l’ex-Président d’assurer que «le temps de l’incarnation viendra lorsque l’une ou l’un des leurs s’affirmera et se détachera du peloton des prétendants».
Et les affaires ? «Personne n’y comprend rien», ose Sarkozy, pourtant plusieurs fois mises en cause par la justice. Il demande : «Est-ce que j’ai détourné de l’argent ? Est-ce que j’ai fraudé le fisc ? Y a-t-il eu le moindre enrichissement personnel ?» Et répond : «Non, non et non !» Aux magistrats enquêtant sur lui – un temps qualifiés de «petits pois» – Sarkozy lance même, bravache : «Je reste serein car la vérité finira par triompher. C’est juste une question d’endurance. Et croyez-moi : je n’en manque pas !»




