Rire ou pleurer, on ne sait pas. Matthias Renault, député Rassemblement national de la Somme, a déposé un amendement au projet de loi de finances de 2026 avec dans son viseur, pour changer, le secteur associatif – et particulièrement des «structures idéologiques et militantes». Rien que de très classique pour le parti d’extrême droite qui souhaite réduire drastiquement les aides à un secteur qu’il considère comme un contre-pouvoir.
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Sauf que Renault, dans son obsession anti-LGBT, cible dans son amendement les Trans Musicales parce que le festival de musique breton, dont le nom provient d’un album de free-jazz sorti en 1978 sur le label Trans Museq, serait trop… trans. Jugez ce passage, repéré par le Canard enchaîné : «l’association Trans Musicales connue pour l’organisation de festivals de musique d’artistes transgenres».
Nirvana, Daft Punk et tant d’autres
A n’en pas douter, l’élu devrait ouvrir plus souvent Libération, au moins début décembre, pour lire les comptes rendus que le journal fait de ce festival avant-gardiste depuis sa première édition en 1979, et qui a vu passer au fil des ans Daho, Stromae, Björk, Nirvana, Daft Punk, en plus de groupes underground de pays non-occidentaux.
En 2018, à une question lui demandant si les Trans ont toujours le soutien des collectivités publiques, l’historique programmateur Jean-Louis Brossard répondait : «Tout à fait. Sans doute parce que notre singularité se sait, se voit. […] Nous avons la chance d’être reconnus pour notre capacité à résister à [l’uniformisation]. Les gens ne savent pas ce que les Trans vont faire à l’avance. Ils savent ce que les Trans sont.» Redites ça à Matthias Renault.




