«Icône intemporelle», «amoureuse des animaux», «femme libre et courageuse» : les dirigeants du Rassemblement national ont été les premiers responsables politiques français, ce dimanche 28 décembre, à saluer la mémoire de Brigitte Bardot, décédée à l’âge de 91 ans et proche de leur mouvement et de son fondateur, Jean-Marie Le Pen, dans la deuxième partie de sa vie. Son président, Jordan Bardella, a ainsi rendu hommage à «une ardente patriote» et «une femme de cœur, de conviction et de caractère» : «Le peuple français perd aujourd’hui la Marianne qu’il a tant aimée et dont la beauté a stupéfié le monde.»
Sa patronne, Marine Le Pen, présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale, a fait part de «son chagrin immense», honorant «une femme exceptionnelle, par son talent, son courage, sa franchise, sa beauté». «Elle était incroyablement française : libre, indomptable, entière», a-t-elle réagi.
«Une icône de la République française» et «une patriote amoureuse de la France» pour Louis Aliot, premier vice-président du RN et maire de Perpignan pour qui «son image, son talent et sa liberté ont inspiré tellement de femmes». Mêmes qualificatifs chez Sébastien Chenu, député RN du Nord et vice-président de l’Assemblée nationale : «La liberté, le courage, la sincérité, une certaine idée de la France» et chez la députée européenne Reconquête Sarah Knafo : «La femme libre. L’insolente. L’engagée. La Française.» Une "incarnation parfaite de la femme française", a renchéri Eric Zemmour, président de Reconquête.
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Pour le député RN du Loiret, Thomas Ménagé, c’est «la France [qui] pleure Brigitte Bardot. Grande actrice, icône intemporelle, elle a fait rayonner la France. Sa voix, son élégance, ses combats resteront gravés à jamais». De ses combats, ils mettent en avant son soutien à la cause animale, Marine Le Pen louant «une femme qui fit le choix de rompre avec une carrière incroyable pour se consacrer aux animaux qu’elle défendit jusqu’à son dernier souffle avec une énergie et un amour inépuisables». En revanche, tous passent sous silence ses quatre condamnations à la haine raciale (1997, 2000, 2004, 2008) ou pour injure publique.
«Une part de l’âme azuréenne»
Les élus du sud de la France, n’ont pas manqué de saluer la mémoire de celle qui a popularisé Saint-Tropez (Var). «La France est orpheline de la plus grande actrice de toute son histoire», a regretté Eric Ciotti, président de l’UDR et député des Alpes-Maritimes, insistant sur «le lien profond entre une femme libre et une ville solaire», Nice, qui «a toujours su accueillir les âmes libres». «Sa défense de l’identité française et de nos libertés menacées était un combat que nous partagions», a-t-il relevé.
Le maire de Nice, Christian Estrosi a d’ores et déjà annoncé qu’un «lieu emblématique de notre ville» porterait le nom de Brigitte Bardot qui «était bien plus qu’une star : elle incarnait un esprit, une énergie, une part de l’âme azuréenne.»
Non loin de la cité des anges, à Fréjus, le maire RN David Rachline, a fait part de son «infinie tristesse» après la disparition d’une «muse d’un cinéma libre et audacieux qui a marqué durablement la scène internationale, porte-parole infatigable de la cause animale, et figure d’une générosité d’âme», appelant par cet hommage «à agir pour les animaux, pour la douceur, pour la justice».
«Légende du siècle»
Si les anciens chefs de l’Etat, François Hollande et Nicolas Sarkozy, n’avaient pas réagi en milieu d’après-midi, Emmanuel Macron s’est quant à lui remémoré «ses films, sa voix, sa gloire éblouissante, ses initiales, ses chagrins, sa passion généreuse pour les animaux, son visage devenu Marianne», soulignant «[l’]existence française, [l’]éclat universel» de cette «légende du siècle».
«Prêtant son visage à notre Marianne républicaine, offrant son prénom à des millions de jeunes filles, Brigitte Bardot porta toujours dans le débat public une voix aussi rebelle que sincère, exprimant ses idées sans souci de plaire», a également noté l’Elysée dans un communiqué.
La ministre de la Culture, Rachida Dati, a elle aussi fait part de sa peine après la disparition de «l’icône parmi les icônes» : «Inlassable défenseuse de la cause animale, elle est une légende qui aura contribué à façonner nos imaginaires, sans jamais s’y laisser enfermer cependant. Follement libre et tellement française finalement.»
«Liberté», c’est le mot également choisi par le maire LR de Cannes, David Lisnard pour qui l’actrice incarnait «la liberté de la femme, de son corps, de ses choix, d’une carrière sur laquelle elle aura toujours gardé la main. Aussi la liberté de dire». Même ton pour la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet qui loue «une figure de liberté singulière, devenue emblématique du rayonnement culturel français».
Très rares hommages à gauche
«Toute sa vie, dans le cinéma comme dans ses combats, la transgression et la passion l’ont profondément animée», a renchéri Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France. «Elle a porté bien au-delà de nos frontières un certain esprit français, fait de grâce et d’impertinence, d’amour de la liberté et de force de tempérament», a complété Bruno Retailleau, le patron des Républicains.
Du côté de la gauche, les hommages sont timides. Rapidement, Aymeric Caron, député affilié LFI de Paris et figure de la cause animale a «[laissé] de côté les déclarations polémiques» pour ne retenir «que [l’]engagement précurseur» d’une «pionnière de la défense des animaux au point d’abandonner sa carrière de superstar du cinéma pour y consacrer le reste de sa vie». Emmanuel Grégoire, candidat PS à la mairie de Paris, a évoqué une «légende controversée qui aura indéniablement marqué son époque par sa liberté».
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