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Conflit d'intérêt

Violences des gendarmes à Sainte-Soline : Marine Tondelier demande à Gérald Darmanin de s’expliquer ou de démissionner

La cheffe des Ecologistes estime que celui qui était ministre de l’Intérieur à l’époque, et aujourd’hui ministre de la Justice, devrait quitter son poste «pour la sérénité des suites judiciaires» aux révélations de «Libération» et «Mediapart».

Des gendarmes à Sainte-Soline le 25 mars 2023. (Ugo Amez/SIPA)
Publié le 11/11/2025 à 9h30

Il a assuré ne pas les avoir «vues et entendues». Après nos révélations de vidéos sur les violences des gendarmes pendant la manifestation de Sainte-Soline (Deux-Sèvres), la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier a demandé lundi 10 novembre au soir à Gérald Darmanin d’envisager la démission. Il était ministre de l’Intérieur à l’époque des faits, et est aujourd’hui ministre de la Justice alors qu’une enquête judiciaire est ouverte.

Libération et Mediapart ont publié la semaine dernière des vidéos issues des caméras-piétons portées par les forces de l’ordre mobilisées le 25 mars 2023 autour du chantier d’une réserve d’eau agricole contestée, surnommée «mégabassine», par des milliers de manifestants. On y entend notamment des gendarmes encourager des «tirs tendus» de grenades, pratique interdite, en direction de manifestants et d’autres se féliciter des blessures occasionnées.

«J’attendais une réaction de celui qui était alors ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. Il a refusé à la presse tout commentaire. Ce n’est pas acceptable», a souligné Marine Tondelier, dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. Comme d’autres élus écologistes, elle était présente à cette manifestation.

«Plusieurs parlementaires écologistes ont saisi la procureure de Rennes en charge du dossier […] Mais Gérald Darmanin, aujourd’hui garde des Sceaux, est désormais son supérieur hiérarchique», a précisé la leader écologiste. «Pour la sérénité des suites judiciaires qui pourraient être données à ces révélations, nous demandons que s’il n’est pas capable de fournir une quelconque explication ou des excuses, il démissionne», a ajouté celle qui est également candidate à la prochaine élection présidentielle.

«Faits graves»

Le rassemblement de Sainte-Soline, interdit, avait dégénéré en affrontements entre militants radicaux et gendarmes, avec 5 000 tirs de grenades et une pluie de pierres et de cocktails molotov. Les manifestants avaient annoncé 200 blessés dans leurs rangs dont 40 graves, et les gendarmes 45.

L’actuel ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a condamné les «propos» et les «gestes» tenus par des gendarmes et visibles sur les vidéos, mais il a réfuté le terme de «violences policières». «Je ne laisserai jamais critiquer les forces de sécurité intérieure et vous savez très bien que ce genre de faits qui sont graves, j’en conviens, […] permettent toujours à certains de critiquer d’une manière générale l’institution policière ou la gendarmerie», avait déclaré le ministre jeudi.

De son côté, le parquet de Rennes a annoncé vendredi mener «une analyse approfondie» dans l’enquête ouverte depuis 2023 sur quatre personnes grièvement blessées lors de la manifestation à Sainte-Soline, sans confier à ce stade le dossier à un juge d’instruction comme les plaignants le demandent.

Après la diffusion des vidéos par Libération et Mediapart, sept parlementaires et un député européen ont par ailleurs saisi le parquet de Rennes d’un signalement «pour dénoncer les modalités du maintien de l’ordre lors de ces faits», ajoute le procureur de Rennes. Parallèlement, une enquête administrative a été ouverte par l’IGGN.

Avant même le communiqué du parquet de Rennes, le Syndicat de la magistrature avait dénoncé vendredi des «carences majeures dans le traitement judiciaire de ces faits».

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