Le Président s’achète du temps. Après dix-sept heures à l’autre bout du monde sur ce «Caillou» français depuis 1853, Emmanuel Macron va rentrer à Paris ce vendredi sans grandes certitudes. Les prochains jours diront si ce déplacement express et inopiné est suffisant pour calmer la colère de jeunes Kanaks. Les gendarmes supplémentaires dépêchés depuis la métropole contribueront forcément, avec le temps, à ramener «l’ordre» dans les artères de Nouméa et son agglomération. Mais pas sûr que cette annonce d’une pause – à défaut d’un recul – dans le processus constitutionnel du dégel du corps électoral suffise à calmer cette effusion «protéiforme», dixit le chef de l’Etat, mais dont les racines se nourrissent de fractures douloureusement refermées depuis 1988 sur un territoire miné par les inégalités économiques et sociales en plus du ressentiment colonial d’une partie de la population kanake.
Le déplacement du chef de l’Etat dans le Pacifique Sud jeudi 25 mai aura au moins permis une chose : remettre l’Etat dans un rôle beaucoup plus classique d’arbitre entre indépendantistes et non-indépendantistes. Certes, Emmanuel Macron n’a pas réu




