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Libération
Leur 10 mai 1981 (1/4)

Vu de droite : «Les amis de mes parents s’attendaient à voir les chars rouges»

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Lorsque Mitterrand est élu, il y a quarante ans, toute la classe politique et militante y voit le début d’une nouvelle ère, entre espoirs, doutes et appréhension. Patrons, syndicalistes, personnalités de gauche ou de droite racontent à «Libération» leur soirée du 10 mai 1981.

Eric Woerth à Paris en janvier 2020. (Benoit Tessier/Reuters)
Publié le 08/05/2021 à 10h30

Eric Woerth, député LR de l’Oise

«A l’époque, j’étais en fin d’étude à HEC. Je suis d’une famille de droite assez traditionnelle pour qui l’élection de Mitterrand a été un séisme. Les amis de mes parents, à Creil, dans l’Oise, s’attendaient à voir les chars rouges stationner place Carnot. Il y avait ce sentiment d’insécurité, d’imprévisibilité totale, l’appréhension d’une forme d’anarchie. Quelques jours plus tard, j’en ai tiré les conséquences en allant adhérer au RPR à Paris. Le militant qui a pris mon adhésion ce jour-là m’a dit : “Vous, vous ferez de la politique.” C’est idiot, mais ça m’a marqué.»

Dominique Bussereau, président DVD du Conseil départemental de Charente-Maritime, à la tête de l’Assemblée des départements de France

«Le 10 mai 1981 est une journée agréable sur le plan de la météo. On sait chez Giscard que ça va être difficile, le premier tour et l’attitude de Chirac ne nous incitent pas à l’optimisme. Je suis au cabinet de campagne de Giscard, rue de Marignan dans le VIIIe, je suis directeur adjoint du cabinet de campagne dirigé par Philippe Sauzay. Le matin, j’ai voté en Charente-Maritime et je suis rentré à Paris en train. Vers 18 heures, Philippe a un coup de fil d’un dirigeant d’un grand institut de sondages qui lui dit que c’est perdu sans aucun doute. Le moral baisse, j’appelle des amis en Charente-Maritime pour qu’ils se préparent à consoler les militants. Vers 19 heures viennent dans mon bureau Jacinte Giscard d’Estaing et son compagnon à qui j’annonce la nouvelle, c’est un moment de tristesse. Puis on se dit qu’on ne va pas se quitter comme ça : à une quinzaine de jeunes giscardiens, dont Raffarin et son é

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