Cette fois-ci, il y va. Benoît Hamon, 49 ans, va annoncer ce mardi soir au 20 heures de France 2 sa candidature à la primaire organisée les 22 et 29 janvier par le Parti socialiste et ses alliés. L'ex-ministre de l'Education nationale, qui avait soutenu Martine Aubry en 2011, lance ainsi la rentrée politique à gauche, cinq jours avant le discours d'Arnaud Montebourg, dimanche à Frangy-en-Bresse, où ce dernier devrait, lui aussi, officialiser sa candidature pour 2017. Hamon va, lui, détailler les grandes lignes de sa campagne lors d'un discours, le 28 août à Saint-Denis, qui clôturera deux jours d'un «rassemblement» intitulé «Pour gagner en 2017».
Si le timing de cette annonce – en plein été – a de quoi surprendre, la candidature Hamon était attendue. Dès septembre 2015, le député prévient dans l'Humanité que «oui», «s'il devait y avoir une primaire à gauche, [il] n'exclu[ait] pas d'y participer». Puis le 8 avril, à la veille d'un conseil national du PS, il annonce aux cadres de son courant, réunis dans un gymnase du XIVe arrondissement, qu'il ne s'interdit rien pour 2017. Mi-juin, une fois le principe d'une primaire à gauche annoncé par la direction du PS, Hamon a «fait le tour des soutiens», rapporte un proche, et mis sur pied des «groupes de travail». Afin de ne pas laisser Montebourg ou Mélenchon occuper tout l'espace à la gauche de Hollande, la date pour officialiser sa candidature est rapidement fixée : ce sera après l'adoption définitive de la loi travail, fin juillet.
Quatre candidats, et Hollande
Tout est alors prêt pour une annonce, avant de partir se reposer en famille dans les Pyrénées. Mais l'attentat du 14 juillet à Nice le contraint à reporter sa déclaration de candidature. Le 22 juillet, il publie simplement une vidéo sur sa page Facebook, pour donner rendez-vous à Saint-Denis. En parallèle, les proches de l'ex-ministre déposent à la préfecture des Hauts-de-Seine, comme l'a révélé le Journal du dimanche, les statuts de son micro-parti, baptisé «les Amis de Benoît Hamon» et destiné à recueillir les fonds nécessaires à sa future campagne. L'ex-ministre va devoir se faire une place dans un espace déjà bien encombré à la gauche de Hollande : depuis l'annonce par Jean-Christophe Cambadélis dans Libération de l'organisation d'une primaire, ils sont désormais quatre (outre Montebourg, on retrouve la sénatrice de Paris Marie-Noëlle Lienemann et l'ancien inspecteur du travail Gérard Filoche) à rêver d'une investiture présidentielle.




