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Hamon : «Chère Marie-Noëlle, le premier tour sera donc celui du choix»

Dans une tribune pour «Libération», Benoît Hamon répond à l'appel lancé par Marie-Noëlle Lienemann.

Benoit Hamon lors des journées d' été à La Rochelle, le 10 septembre. (Photo Marc Chaumeil pour «Libération»)
Par
Benoît Hamon
Publié le 05/12/2016 à 19h42

Chère Marie-Noëlle,

Ton interpellation sur la nécessaire unité d’une gauche alternative à l’occasion de nos primaires est juste et essentielle. Juste, car jamais la gauche ne gagne divisée. Essentielle, car alors que seuls 35% des Français comptent voter à gauche à l’occasion du premier tour de l’élection présidentielle, la présence de plusieurs candidats de gauche au premier nous condamne à l’échec.

C’est la raison pour laquelle, comme toi, j’ai fait le choix de participer à la primaire de la gauche les 22 et 29 janvier prochains. En 2011, bien que Martine Aubry ne l’ait pas emportée, elle avait permis à François Hollande désigné de se lancer fort d’une légitimité de près de trois millions d’électeurs ayant participé à ce grand moment démocratique.

Deux questions se posent donc à nous : comment faire en sorte qu’un maximum d’électeurs se retrouvent dans la primaire, et comment assurer une stratégie gagnante qui tourne la page d’un quinquennat de renoncement.

La réponse à la première question engage celle de la seconde. Le peuple de gauche a le droit d’exiger d’être convaincu par un projet plutôt qu’enjoint à voter pour tel ou telle d’entre nous. Pour cela, je crois qu’il faut lui présenter une vision résolument de gauche, qui lutte contre les inégalités et apporte des réponses d’avenir sur l’ensemble des sujets qui le préoccupe : éducation, travail, jeunesse…

Déjà, nous parvenons à faire émerger ce nouveau chemin. Le revenu universel comme réponse à la pauvreté et à la souffrance au travail est devenu un élément incontournable dans le débat public. La fin de la « République de l’homme providentiel », avec la participation des citoyens aux processus législatifs – ce que j’appelle le 49-3 citoyen - présente une vision fondamentalement renouvelée de la démocratie. La transition écologique s’impose au sein de notre famille politique, avec la prise de conscience de la nécessaire lutte contre les lobbies.

Je ne pense pas que faire émerger ces propositions novatrices nous affaiblit. Je pense qu’elles attireront davantage d’électeurs de gauche. Pendant cinq ans, deux hommes seuls ont décidé de ne plus les écouter. Ces derniers mois, les choix dictés par les sondages ont été systématiquement démentis par des électeurs qui rejettent ce système politico-médiatique qui décide pour eux. Nous leur devons de leur proposer un choix. C’est la condition de la réussite.

Le premier tour sera donc celui du choix. Le second sera celui du rassemblement vers celui ou celle d’entre nous qui sera le mieux placé pour tirer un trait sur cinq ans de dérives libérales et autoritaires de la part d’un gouvernement élu par le peuple de gauche. Qu’il s’agisse de toi, d’Arnaud ou de moi, je suis certain que nous saurons agir en responsabilité et que nous mettrons toutes nos forces dans la bataille à l’issue du premier tour.

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