Verre à moitié plein : la plupart des candidat(e)s ont évoqué la «transition écologique» qui semble être une expression plus facile à manier que le terme «écologie». La transition écologique constitue sans doute, avec le revenu universel, l’un des deux nouveaux sujets de débat politique et les candidats socialistes ne se sont pas, comme par le passé, bornés à déléguer cette question aux candidats écologistes. Bonne nouvelle : un candidat à l’élection présidentielle ne peut plus faire complètement l’impasse sur l’énergie, le climat ou la biodiversité.
Corriger les défauts
Verre à moitié vide : aucune question n'a été posée aux candidats pour qu'ils présentent leurs propositions concrètes pour réussir cette transition écologique. Alors que l'écologie est traitée dans la plupart des programmes et que tous les sujets abordés lors de ce premier débat des primaires de gauche permettaient d'en parler, les trois journalistes en plateau ont, eux, fait l'impasse. Résultat : il a été question de fiscalité mais pas de fiscalité carbone, de santé mais pas de pollution de l'air ou d'alimentation, d'emplois mais pas de ceux créés dans les énergies renouvelables, de sécurité mais jamais des conséquences, déjà gravissimes, du changement climatique. Le débat a ainsi été orienté de telle manière que les candidats ont présenté leurs mesures pour corriger les défauts des politiques menées au XXe siècle, rarement leurs idées pour affronter les défis mais aussi profiter des opportunités du XXIe siècle.
Responsabilité des journalistes
On me rétorquera que l’écologie n’était pas spécifiquement l’un des sujets de la soirée. On pourra répondre que l’écologie ne devrait plus être traitée comme un sujet à part mais à l’occasion de tous les autres sujets. A titre d’exemple : quel dommage que, lors de la séquence économie, le débat ne se soit pas développé sur l’avenir de la croissance, l’intérêt du PIB, l’économie circulaire, l’indépendance énergétique ou l’avenir de notre modèle agricole. Ce débat a démontré que les journalistes ont une part de responsabilité pour que l’environnement soit traité avec le sérieux qu’il mérite. Car en l’absence de questions précises, les politiques ne seront pas tous encouragés à formuler des réponses précises.




