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Les mots de la campagne

Après le «spread Le Pen», le «spread Mélenchon» fait trembler les marchés

La percée du candidat de La France insoumise dans les sondages inquiéterait les investisseurs, en raison par exemple de son projet fiscal ou de son programme concernant les traités européens.

Jean-Luc Mélenchon, lors de son meeting à Marseille, le 9 avril. (Photo Anne-Christine Poujoulat. AFP)
Publié le 10/04/2017 à 18h17

Voilà un autre signe de la dynamique de Jean-Luc Mélenchon. Son envolée dans les enquêtes d'intention de vote commencerait à inquiéter les marchés. A la faveur des derniers sondages plaçant le candidat de La France insoumise devant François Fillon, le spread France-Allemagne – c'est-à-dire l'écart du taux d'intérêt à 10 ans entre ces deux pays – a brutalement augmenté. Selon les Echos, la percée de Mélenchon effrayerait les investisseurs, en raison de son programme concernant les traités européens, ou encore son projet fiscal ; mais aussi en raison de l'incertitude qu'il fait désormais planer sur le résultat du scrutin.

Interrogé par les Echos, un analyste de la Deutsche Bank estime ainsi : «Il existe encore un fossé entre lui et les deux principaux candidatsmais il est important de regarder si ce moment positif pour Mélenchon se poursuit et si l'écart se rétrécit encore.»

Jusqu'à présent, c'est Marine Le Pen, en raison de sa bonne place dans les sondages, qui avait l'exclusivité du rôle d'épouvantail des marchés. On avait ainsi déjà abondamment parlé du «spread Le Pen» il y a quelques semaines. La présentation du programme de la présidente du FN, doublée des affaires de François Fillon, avait inquiété les marchés. Début février, le spread franco-allemand avait ainsi atteint un plus haut depuis quatre ans. Et le Financial Times avait consacré sa une le 7 février à un «Le Pen Effect».

Deux semaines après, c’est la perspective d’une possible entente entre Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon qui avait légèrement inquiété les marchés… avant que les désaccords persistant entre les deux candidats, ainsi que la bonne marche du candidat Macron ne finissent par les rassurer.

Il faut croire qu’un mois et demi plus tard, le candidat de La France insoumise n’a plus besoin d’un allié pour flanquer la frousse aux investisseurs.

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