«Une entreprise comme Devialet ne pourrait pas exister dans une France protectionniste, ce serait pour nous une catastrophe absolue. Notre production est réalisée à 100 % dans l’Hexagone, cela génère environ 1 000 emplois sur le territoire, entre nos sites en propre et nos sous-traitants. 80 % part à l’export, mais pour l’alimenter, nous importons quantité de composants électroniques que l’on ne trouve pas en France. Une usine de composants électroniques, cela coûte 6 milliards d’euros, personne n’en fera une en France, le marché est trop petit et elles sont toutes en Asie. La valeur de ces composants importés ne représente que 10 % du produit fini. Ce circuit, c’est celui de l’économie globalisée. Tout y est imbriqué, la chaîne de valeur est éclatée.
«Tenter de casser ces circuits, d’en revenir à une forme d’autarcie économique, outre que c’est impossible, serait une pure folie. Taxer nos importations contribuerait à renchérir notre production, et donc à plomber la compétitivité. Et je ne parle pas des cas comme le nôtre, où la production deviendrait impossible ailleurs qu’en Asie. Ensuite, les barrières douanières érigées en guise de rétorsion tariraient nos débouchés, imaginez l’impact que pourrait avoir une fermeture du marché chinois ! Une telle politique provoquerait inéluctablement un appauvrissement radical de notre tissu productif.
«Le protectionnisme prôné par le FN est une chimère absolue, il conduit tout droit à la misère, aux tensions et à la guerre. C’est une réalité historique que tout le monde doit bien avoir à l’esprit. Mettre en débat ces deux options d’une économie ouverte et d’une autre repliée sur elle-même comme si elles se valaient est totalement délirant, surréaliste et dangereux.»




