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Libération

Bises et persiflages

ParJean-Manuel Escarnot
(à Toulouse)
Publié le 22/05/2017 à 20h26

Libé suit la campagne de Sébastien Nadot, prof de gym et candidat néophyte LREM en Haute-Garonne.

Samedi midi, sur le marché de Saint-Orens-de-Gameville, une commune de 11 700 habitants proche de Toulouse, sur la dixième circonscription de la Haute-Garonne. Face au député sortant Kader Arif (PS), ancien ministre de François Hollande, et Dominique Faure, la maire UDI de Saint-Orens, Sébastien Nadot, le candidat de LREM, fait figure d'outsider. A l'entrée du marché, Leila et Nicole, qui tractent pour La France insoumise, l'interpellent : «Vous représentez tout ce que l'on déteste : Macron et son gouvernement de droite !» Sur le même trottoir, la maire de Saint-Orens claque la bise à ses administrés. Elle salue longuement et ostensiblement le candidat LREM. «Très sympathique mais c'est un inconnu. Sorti de Toulouse, il ne sait même pas comment se rendre à Villefranche-de Lauragais», persifle-t-elle dès qu'il a le dos tourné.

Plus loin, les militants PS font grise mine. La veille, le frère, la belle-sœur et le neveu de Kader Arif ont passé vingt-quatre heures en garde à vue au commissariat de Toulouse. La brigade financière les a interrogés dans le cadre d'une enquête ouverte depuis deux ans sur des soupçons de favoritisme dans l'obtention de marchés entre les sociétés d'organisation de spectacles qu'ils dirigent et le conseil régional (PS). «Kader Arif a dit qu'il n'était pas concerné mais ça tombe vraiment très mal», se désole un militant socialiste. «Ce n'est pas un sujet, évacue Nadot. Je suis là pour me présenter, pas pour lâcher des boules puantes.»

Etape suivante à 52 km de là, sur le marché de Revel, fief du sénateur et maire UDI Alain Chatillon. Le candidat LREM est rembarré devant le stand des olives par une cliente qui «ne supporte pas Macron». Il ne s'arrête pas. Un peu plus loin, André, retraité, ex-DRH, analyse : «Pendant trente ans, comme Macron, j'ai fait la tournée des popotes pour gérer au mieux les ressources de ma boîte. Il y a un plan derrière tout ça. Je n'ai pas confiance.» Un couple de retraités, «content de voir en vrai le candidat d'En marche», l'encourage.«Sébastien est encore sur la retenue mais il va vers les gens. Le contact est bon, débriefe Reda Zitouni, son directeur de campagne. D'ici au premier débat télé, on aura progressé.»

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