«Le seigneur», comme l'appellent ironiquement ses opposants, garde sa couronne. Vainqueur d'une courte tête au premier tour, le président du groupe LR à l'Assemblée nationale, Christian Jacob, a finalement été réélu confortablement dans la 4e circonscription de la Seine-et-Marne, avec 61,77 % des voix. Pour l'emporter contre Emmanuel Marcadet, candidat LREM, Jacob a phagocyté le vote FN, très fort sur ce territoire mi-rural mi-périurbain. Très vaste, la 4e circonscription représente la moitié de la surface de la Seine-et-Marne - qui elle-même est équivalente à la moitié de la surface de l'Ile-de-France. Marine Le Pen y a terminé première aux deux tours de l'élection présidentielle, avec des scores (32,69 % et 50,4 %) bien supérieurs à ses moyennes nationales. Au premier tour, le candidat FN, Pierre Cherrier, a logiquement surfé sur cette dynamique, échouant très près de la qualification avec plus de 20 % des suffrages.
Cette configuration rendait les projections de reports de voix assez incertaines. La Seine-et-Marne, département pourtant proche de Paris, souffre en effet de tous les maux accentuant irrémédiablement le fossé entre les électeurs et leurs représentants : déserts médicaux, services de petite enfance insuffisants, infrastructures obsolètes. Elu depuis 1995, Jacob, qui cumule son mandat de député avec celui de maire de Provins (12 000 habitants), avait donc de sérieuses raisons de s’inquiéter. Mais comme nombre de ses camarades LR, il a profité d’un léger sursaut des partis traditionnels pour sauver son siège. Candidat à sa propre succession, il dispose même de bonnes chances de demeurer le chef des députés LR au Palais-Bourbon.
Entre-temps, son groupe aura fondu dans des proportions moins abyssales qu'annoncé. Grâce à la mobilisation des électeurs de droite dimanche, la déconvenue a été amortie. Jacob, qui déplorait cette semaine dans une interview au Figaro «la crise de macronite aiguë» piquant la France, doit mieux respirer.




