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Pour Cédric Villani, le compte est bon

Le mathématicien a devancé son adversaire LR dans la 5e circonscription de l’Essonne

Cédric Villani, le 12 mai. (Photo Thomas Samson. AFP)
Publié le 18/06/2017 à 23h06

L'Assemblée avait déjà accueilli des stars de la littérature (Lamartine, Hugo), des prêtres en robe (le chanoine Kir siégeait encore en 1967), des officiers militaires, sans parler d'une kyrielle d'avocats et de médecins. Pourquoi pas un mathématicien de top niveau ? C'est chose faite depuis dimanche avec Cédric Villani, 43 ans, scientifique aussi bien pour la fac que les plateaux télé, lauréat de la médaille Field et représentant de La République en marche. Dans la 5e circonscription de l'Essonne, il devance largement la LR Laure Darcos, avec 69,36 % des voix.

Ce succès annoncé tient autant de la fameuse «vague» macroniste que de la célébrité cathodique de Villani, même si des candidats renommés se sont déjà cassé les dents sur ce territoire, notamment le médaillé olympique Roger Bambuck. Surtout, le génie des maths jouait dans son jardin, le plateau de Saclay, qui aspire à devenir une Silicon Valley à la française. L’électorat, typé centre droit, comprend de nombreux étudiants et chercheurs, ravis de voir l’un des leurs se lancer en politique.

Villani, qui a rencontré Macron il y a quatre ans, revendique son positionnement pro-européen et son ancrage «ni droite ni gauche». Il assume son inexpérience politique mais la comble en dévorant des livres, comme ceux du constitutionnaliste Guy Carcassonne. «Si nous vivons dans une société où l'exercice politique devient si technique qu'il nécessite une longue formation spécifique, c'est qu'il y a un problème démocratique quelque part», déclarait-il récemment à Libération.

A quoi servira-t-il comme élu ? De Monsieur QI ? De mannequin pour les vêtements de la Famille Adams ? Plus sérieusement, Villani, un temps pressenti pour entrer au gouvernement, pourrait peser dans les projets de loi sur la recherche et la réforme universitaire. Il prône ainsi une plus grande autonomie des facs et une augmentation des frais d'inscription, dans des limites «raisonnables».

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