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A Lille, Aubry en tête mais suivie de près par les écolos

La maire sortante, qui brigue un quatrième mandat, devrait désormais négocier avec EE-LV. Son ancienne directrice de cabinet Violette Spillebout, candidate LREM, est en mesure de se maintenir, contrairement au candidat LR Marc-Philippe Daubresse.

Martine Aubry ce dimanche à Lille. (Photo Fançois Lo Presti. AFP)
ParStéphanie Maurice
correspondante à Lille
Publié le 15/03/2020 à 22h43

A Lille, Martine Aubry (PS) est en tête du premier tour, à 29,8% des suffrages exprimés, mais avec moins d'avance que ne le prévoyaient les sondages. La liste EE-LV, menée par Stéphane Baly, réussit un score historique, à 24,5% des voix. L'abstention est massive, à 67,5%, et a sans doute pénalisé la maire socialiste, candidate à un quatrième mandat. Une abstention soulignée par Martine Aubry dans sa déclaration, «surtout dans les quartiers populaires». Elle s'est réjouie d'être en tête et a demandé aux Lillois de confirmer ce «choix de la justice sociale et de la transition écologique». Violette Spillebout, l'ancienne directrice de cabinet de Martine Aubry, passée à LREM, est la seule autre en position de se maintenir, avec un bon score, à 17,5%. Elle prend sans doute des voix à Marc-Philippe Daubresse (LR): l'ancien ministre sous Sarkozy, maire pendant longtemps de la ville voisine de Lambersart, a raté son atterrissage lillois avec seulement 8,5%. Son alliance avec Valérie Petit, ex-LREM, qui a claqué la porte de son parti dont elle n'a pas obtenu l'investiture, aurait troublé les esprits, selon Sébastien Huyghe, député LR, interrogé à France 3.

Martine Aubry devrait entrer en négociation avec EE-LV, dans une position moins dominante que d'habitude. Depuis 2001, à l'entre-deux-tours, les Verts s'allient à Martine Aubry. Mais cette fois, ils pourraient être tentés par une alliance avec La France insoumise, dont la liste menée par Julien Poix, qui réalise un honorable 8,8% des suffrages exprimés. La main tendue de Violette Spillebout, qui leur a proposé de «saisir cette opportunité historique de l'alternance à Lille», ne devrait pas les intéresser. Stéphane Baly balaie pour l'instant ces interrogations : «L'urgence aujourd'hui n'est pas de parler d'un second tour qui n'aura pas lieu», affirme-t-il, «mais de s'occuper de la santé de la population». Tout juste accepte-t-il de rappeler qu'il considère comme des adversaires politiques «les deux listes siamoises LR et LREM», et Martine Aubry ainsi que LFI comme des «potentiels partenaires mais néanmoins concurrents».

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