Il y a deux traditions quasiment immuables à Forcalquier, jolie petite ville de 5 000 habitants au pied du Luberon : le marché du lundi, l’un des plus gros et des plus courus de la région, et les campagnes électorales alambiquées qui se terminent au photo-finish. Lorsqu’il a pris la ville à la droite en 2001, Christophe Castaner en avait fait l’expérience. Le candidat, qui portait alors les couleurs socialistes, l’avait emporté de 31 voix sur le maire RPR sortant. Confortablement réélu en 2008 après un premier mandat plutôt salué par les habitants, il a rempilé en 2014 grâce, cette fois, à 22 petites voix qui le séparaient de son opposant UMP. Aujourd’hui, «Casta», comme on l’appelle par ici, a disparu corps et biens. Ne reste de lui plus qu’un héritage politique plus ou moins récupéré et une demeure familiale toujours surveillée par des policiers depuis la vague des gilets jaunes. Nommé au ministère de l’Intérieur en 2018, l’ancien édile n’a pas voulu (ou n’a pas su, disent les mauvaises langues) former un successeur. A tel point que l’adjoint qui l’a remplacé au poste de maire lorsqu’il est entré au gouvernement ne se représente pas cette année.
Six voix d’avance au premier tour
Résultat : pas de liste LREM ou apparentée à Forcalquier et une campagne de second tour où d’anciens adjoints au maire Castaner se retrouvent dans les deux listes en compétition. Une version locale du «en même temps» d’Emmanuel Macron ? La réalité est plus compliquée. A droite, le jeune candidat Les Républicains, David Gehant, est c