La notification tombe en pleine lecture de l’Algérie, ma mère et moi (Grasset, 2025), récit intime du sociologue Smaïn Laacher, sur la quête d’identité, les souvenirs d’une mère, les frontières invisibles de cette génération d’immigrés. Sur WhatsApp donc, un soir de décembre, un message de Rachida Dati : «Agnès, elle n’oublie pas d’où elle vient. On a ça en commun. Et c’est pour ça qu’elle parle vrai sur l’intégration, l’ascenseur social et la méritocratie républicaine. J’ai rencontré ses parents, ils ne parlaient pas un mot de français. Elle est courageuse. Elle ne lâche rien. On a mené des combats épiques à Paris.» Le portrait en creux d’une première adjointe, en cas de victoire aux municipales en mars ? La perche est tendue. Facile, feignant même, réplique la ministre de la Culture, toujours en forme quand elle parle à Libération.
Les deux femmes se connaissent par cœur. La maire du VIIe arrondissement court après le trône de la capitale pour succéder à Anne Hidalgo. Sénatrice de Paris et patronne de la (puissante) fédération Les Républicains (LR) de la capitale, Evren, elle, sait que sa voix compte double, voire triple, dans cette mare de crocodiles qu’est la droite parisienne. Plus qu’ailleurs, la famille héritière du gaullisme est rongée à Paris par ses vieilles inimitiés, les places chipées à la barbe des barons, les coups bas…
Au milieu de tout ça, Evren, 55 ans, a toujours joué la loyauté. Trop, au point d’être lisse, soucieuse de ne froisser pers




